Energie Eolienne: Le Prix Mondial 2015 de la WWEA, décerné à Mali-Folkecenter Nyetaa


La prestigieuse Association Mondiale pour l’Energie Eolienne (‘’World Wind Energy Association’’ WWEA en anglais) a décerné le Prix Mondial pour l’Energie Eolienne 2015 à l’ONG Mali-Folkecenter Nyetaa. La remise du prix a eu lieu à l’occasion de la 14e Conférence Mondiale de l’Énergie Éolienne 2015, qui s’est déroulée à Jérusalem du 26 au 28 octobre 2015.

Ce geste de la WWEA vient récompenser le Mali-Folkecenter Nyetaa, pour le rôle de pionnier qu’il a joué, durant ses 17 ans d’existence, dans l’électrification rurale à partir des énergies renouvelables au Mali, en Afrique et dans le monde. Les activités en électrification rurale de MFC Nyetaa, ont un impact positif sur la vie de plus de 800.000 personnes dans les communautés rurales en Afrique de l’Ouest.

A travers son implication, le MFC Nyetaa contribue à la promotion de l’entrepreneuriat rural par le développement des mécanismes pour soutenir les activités de diversification des sources de revenus pour les couches les plus vulnérables.

Cette reconnaissance de la WWEA s’explique aussi par la présence internationale des acteurs du MFC Nyetaa, principalement Dr. Ibrahim Togola, pour soutenir la cause des énergies renouvelables comme la meilleure option pour soutenir le développement économique durable des pays africains.

Mali-Folkecenter Nyetaa soutient aussi la promotion de l’énergie éolienne en appuyant les pays dans la réalisation de cartes éoliennes, qui sont nécessaires pour le déploiement et l’expansion de l’énergie éolienne dans ces pays.

En décernant ce prix, la WWEA reconnait les efforts de MFC Nyetaa et encourage les autres à s’inspirer de cet exemple.

Le Mali-Folkecenter Nyetaa est une ONG malienne de la société civile et du secteur privé, créée en 1999 en s’inspirant du modelé du Nordic Folkecenter pour les Énergies Renouvelables (Danemark), dirigé par le Dr. Preben Maegaard.

L’orpaillage traditionnel, la gestion des forêts et les énergies renouvelables aux menus


FORUM ENVIRONNEMENTAL NATIONAL ANNUEL (FENA) 2015
L’orpaillage traditionnel, la gestion des forêts et les énergies renouvelables aux menus

Le Mali-Folkecenter Nyetaa (MFC Nyetaa) en collaboration avec les Ministères des Mines, de l’Energie et de l’eau, de l’Environnement, l’Assainissement et du Développement Durable, et l’appui de ses partenaires techniques et financiers, a organisé du 16 au 20 novembre 2015, le Forum Environnemental National (FENA) 2015. La particularité de l’Edition 2015 a été la l’organisation consécutivement dans différentes localités du pays: Sikasso, Bougouni et Bamako.
Les thèmes des différentes rencontres ont été réfléchis en fonction des problèmes environnementaux qui minent les localités ciblées.
L’assise de Sikasso, la 3ième région administrative du Mali avait pour thème : «Implication active des collectivités territoriales dans la gestion des questions d’orpaillage dans la région de Sikasso». Dans cette région l’orpaillage est pratiqué dans cinq (5) des sept (7) cercles.
L’objectif de cette rencontre est de promouvoir le développement de l’orpaillage traditionnel en vue de sa participation à l’épanouissement de l’économie locale à travers la formalisation d’un cadre légal de son organisation. Il s’agit de faciliter l’installation d’un comité exécutif de la coalition des élus sur les questions minières et d’orpaillage. Le forum visait également à faire penser à un modèle économique basé sur l’orpaillage.
A Bougouni, chef-lieu de cercle, situé dans la région de Sikasso, le thème était «Gestion durable des ressources forestières face aux effets des changements climatiques »
Le choix de la localité s’explique par le constat que les complexes forestiers de Bougouni/Yanfolila, subissent une exploitation, et une dégradation sans précédent. De ce fait, le FENA visait à échanger avec les acteurs, sur les pratiques de dégradation des ressources naturelles et le rôle de la communauté dans le maintien de l’équilibre de leur écosystème ; partager les savoirs, les expériences locales et les capacités d’anticipation des communautés en matière de gestion durable des ressources forestières et d’adaptation aux effets des changements climatiques. Cette rencontre consistait aussi à créer un espace de réflexion, de discussion et de plaidoyer capable de renforcer la participation des communautés à une gestion durable des ressources forestières de leur terroir et du Mali à la 21ème COP de Paris en faisant du Pacte environnemental, le papier de position de la société civile du Mali etc.
Les assises de Bamako ont été organisées en collaboration avec le Ministère de l’Energie et de l’Eau, à travers l’Agence pour les Energies Renouvelables (AER). Le thème de cette rencontre de deux jours était: «une transition énergétiques vers les énergies renouvelables pour l’atténuation des effets des changements climatiques au Mali». L’objectif est de faire ressortir l’apport des Energies renouvelables dans la transition énergétique pour un développement durable au Mali et la promotion à grande échelle de l’utilisation des énergies renouvelables.

Résultats

L’édition 2015 du FENA a enregistré la présence de plus de 320 participants dont 120 participants pour Sikasso, 105 participants à Bougouni et 95 à Bamako. Ces participants étaient venus des régions de Sikasso; Kayes, Koulikoro et du District de Bamako. Ils étaient composés, d’administrateurs civils, de représentants de services techniques de l’Etat, d’agents forestiers, d’élus communaux, de chercheurs, des organisations de la société civile, de représentants d’organisation communautaires de base, d’orpailleurs, d’opérateurs d’électricité et des médias.
Il a formulé des recommandions contribuant à renforcer la feuille de route nationale pour les négociations du Mali à la COP 21 à Paris.

Les recommandions

  • Sur l’orpaillage, le FENA a recommandé de:
  • Diffuser largement le code minier ;
  • Former des responsables sur les textes régissant l’orpaillage ;
  • Associer les collectivités et les orpailleurs à la relecture du code minier ;
  • Adapter la gestion coutumière des placers avec le code minier ;
  • Règlementer l’usage des produits chimiques et la compensation des dommages collatéraux sur l’environnement ;
  • Mettre en place des espaces forestiers garantis pour les projets futurs de développement locaux et l’épargne financière pour les AGR (activités génératrices de revenus) futures;
  • Prendre en compte du « tomboloma » par les autorités administratives;
  • Organiser les orpailleurs;
  • Revoir le calendrier d’ouverture et de fermeture des sites d’orpaillage en fonction du décalage du calendrier agricole engendré par les changements climatiques.

Sur la gestion des ressources naturelles, le FENA recommande

  • Une politique d’intensification du reboisement au niveau des Collectivités;
  • L’arrêt des mauvaises pratiques agricoles (défrichements par brûlis);
  • Le renforcement des capacités des services forestiers en moyens humains et logistiques;
  • La Récupération les sites dégradés et la lutte contre toute nouvelle dégradation ;
  • La Promotion des combustibles de substitution ;
  • Le Développement des filières ;
  • Le Renforcement du contrôle ;
  • La vulgarisation des foyers améliorés, des réchauds à pétrole et du gaz butane ;
  • La mise en place de moyens pour mieux expliquer les mécanismes de financements qui existent à l’international et accompagner les communautés pour qu’ils puissent en bénéficier ;
  • Renforcer les stratégies de communication, de sensibilisation ;
  • Rendre chaque acteur un responsable fort et clé;
  • Multiplier les activités génératrices de revenus.

Sur les énergies renouvelables, le FENA a recommandé de

  • Consolider les cadres de concertation entre les acteurs du domaine ;
  • Instituer une semaine des énergies renouvelables au Mali ;
  • Valoriser les inventions locales ;
  • Mettre en place un réseau d’information;
  • Sortir des subventions en faveur de l’énergie fossiles ;
  • Mettre en place des mécanismes pour générer des ressources indépendamment des bailleurs de fonds ;
  • Former une masse critique ;
  • Tenir compte des impacts environnementaux dans tous les documents de projets ;
  • Multiplier les rencontres entre experts en Energie Renouvelables.

A la lumière des assises l’on retient que le FENA 2015 a permis d’offrir un cadre idéal d’animation de débats citoyens et d’échanges en vue d’harmoniser et d’améliorer les réalités et compréhensions des différents acteurs intervenant dans les trois domaines choisis cette année à savoir le minier, les ressources naturelles et les Energies Renouvelables. Les résultats obtenus sont très satisfaisants et donnent des pistes à explorer en vue d’attendre un développement harmonieux, respectant l’environnement au Mali.

Les villages des communes de l’ex-arrondissement de Sanankoroba dotés de PEDL


Les collectivités territoriales de l’ex arrondissement de Sanankoroba, composées des communes rurales de Bougoula, Dialakoroba et Sanankoroba, dans la recherche d’une solution alternative pour une gestion durable des ressources naturelles, ont développé plusieurs mécanismes participatifs afin de permettre aux populations actives de prendre soin de leur cadre de vie. Ce processus avec l’appui de Mali-Folkecenter Nyetaa, à travers le projet de Gouvernance Environnemental Participative (GEP), financé par Sustanaible Energy du Danemark, a conduit à l’élaboration des Plans Environnementaux et de Développement Local (PEDL).

De ce fait, tous les trente-six (36) villages de la zone ont, avec l’accompagnement du partenaire, été dotés de Plans Environnementaux. Ainsi, les PEDL sont des plans d’actions qui font l’état des lieux des activités de développement durable qu’il faut pour les villages. Ils déterminent les rôles et responsabilités des acteurs impliqués ainsi que les périodes de réalisation souhaitées des activités.

Les PEDL ont été élaborés par les Groupes Environnementaux Locaux (GEL) et les Groupe Environnementaux Communaux (GEC) avec l’assistance des animateurs villageois et l’accompagnent de MFC Nyetaa à travers le projet Gestion Environnemental Participatif (GEP).

Ces PEDL ont été remis officiellement au Sous-préfet de la circonscription et aux autorités communales des trois communes, le jeudi 22 octobre 2015, dans la salle de conférence du Village SOS de Sanankoroba. C’était en présence du représentant du sous-préfet, des maires de trois communes et/ou leurs représentants, les présidents des GEL et GEC, de nombreux représentants d’ONG intervenant dans la zone, ainsi quela presse et des radios locales.

Recevant une copie des documents des mains du Présidents du GEC de Sanankoroba, Mamadou Zan Traoré, maire de Sanankoroba, s’est dit heureux de l’initiative qui s’inscrit dans la logique du développement durable de la commune. Ce document, contribuera à faciliter la tâche aux élus. Il a remercié le MFC Nyetaa pour son implication active et sa présence constante auprès des populations locales. Profitant de l’occasion M. Traoré a invité les populations des trois communes à une meilleure préservation de l’environnement.

Ahmadou Kané, secrétaire général de la mairie de Bougoula a fait un bref rappel historique de la longue et fructueuse collaboration entre les mairies des trois communes et MFC Nyetaa. Selon lui, les PEDL sont le résultat d’un travail laborieux mené par le projet GEP. Il a invité les autorités communales à tenir compte des PDEL lors de l’élaboration des PDSEC.

Les maires des trois communes, après avoir reçu les PEDL, se sont engagés à mettre en œuvre des activités énumérés dans les documents afin d’atteindre un développement durables des villages souhaité par tous.

Quelques témoignages

Zan Coulibaly (Maire de Bougoula)
« J’ai constaté le développement dans ma commune à travers la multiplication des activités génératrices de revenus mis en œuvre avec l’appui de MFC Nyetaa. Le projet a permis à l’amélioration du cadre de vie meilleure pour les habitants de la commune. Cela a contribué à diminuer la pression humaine sur les ressources naturelles. »

Seydou Doumbia (Président du GEC de Sanankoroba)
« Je souhaite la bienvenue à tous. Depuis des années, les GEC et les GEL travaillent avec le MFC à travers le GEP. Ce cadre a été le lieu pour tous de savoir qu’il existe un groupement qui œuvre dans la préservation de l’environnement »

Adama DOUMBIA Animateur et membre de GEC (commune de Bougoula)
« Ce cadre a été l’occasion pour les membres des GEC et pour les autorités de faire connaissance. Les PDEL sont l’aboutissement d’un long processus qui a débuté par la mise en place d’un cadre de concertation avec trois communes (les trois communes d’hier à aujourd’hui, les changements constatés, quelles solutions). Suite à cela, MFC est parti avec les informations cela a donné lieu à un autre cadre de concertation. Cela a abouti à l’élaboration d’un document. Pour remédier à la dégradation de l’environnement, des activités alternatives ont été proposées (exemple ; maraichage, apiculture, aviculture.)Pour une meilleure progression de l’activité, il fallait se mettre en groupe pour un meilleur partage de l’information»

Madame Kanté Koyan Bagayoko (Présidente de la coopérative Sinsibéré)
« L’activité des coopératives est essentiellement axée sur la protection de l’environnement. L’élaboration des PDEL leur facilite la tâche. Mes sœurs et moi formulons des besoins surtout en renforcement de capacité. Cela a été possible grâce à MFC Nyetaa. » 

Mr Nouhoum KEITA (ONG ERAD)
« J’ai été invité par la mairie de Sanakoroba et c’est ma toute première participation à une activité de MFC Nyetaa. Mais j’ai eu a observé beaucoup de résultats atteints par l’ONG sur le terrain. Je remercie les élus pour leur implication et je les invite à exploiter ce document élaboré. » 
Diaratou Doumbia (Membre du noyau du projet Genre et Leadership, commune de Dialakoroba)
« Je remercie MFC Nyetaa à travers son projet Genre et leadership pour l’émergence des femmes dans différentes localités. Grâce au projet, les femmes sont bien impliquées dans la gouvernance locale et peut être plus dans l’avenir. »