19ème édition de la quinzaine de l’environnement à Koulikoro Lutte vigoureusement contre les déchets plastiques


Le Mali-Folkecenter Nyetaa en collaboration avec le RESO-Climat Mali a pris part hier mardi 05 juin, à Koulikoro, à la cérémonie de célébration de la journée mondiale de l’environnement. Elle correspond à la 19è édition de la quinzaine de l’environnement instituée au Mali. Les thèmes sont : «Combattre la pollution plastique» et «la terre a de la valeur. Investissez-y».

 

La cérémonie était présidée par le Premier Ministre Soumeylou Boubèye Maïga, en présence du Ministre de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement, Mme Keita Aïda M’Bo. L’évènement aux couleurs vert de illustrant l’environnement, s’est déroulé à l’esplanade de la COMANAV. Le Mali-Folkecenter Nyetaa et le RESO-Climat Mali ont, à travers deux stands, partagé avec les participants, leurs expériences et savoirs faire documentés dans le cadre de la gestion durable de l’environnement, le développement durable, la lutte contre les effets néfastes du changement climatique et la promotion de l’accès à l’énergie durable pour tous.

Aussi, le MFC Nyetaa a également exposé plusieurs variétés de Kits et de lampes solaires.

Les stands ont été visités par Mme Keita Aida M’Bo, Ministre de l’environnement de l’assainissement et du développement durable et sa délégation. Parmi ce beau monde, on distinguait des agents des eaux et forêts, des cadres de l’administration publique, des représentants des partenaires techniques et financiers, des cadres des organisations de la société civile, des chercheurs, des universitaires, des élèves et étudiants. Les stands ont reçus plus de 300 visiteurs, chaque visiteur s’est servi d’un document qui répondait à son besoin.

Les déchets un cauchemar pour les agriculteurs

Les déchets plastiques non biodégradables, dont la durée de vie varie entre 100 à 400 ans, constituent un frein à l’investissement foncier et une menace pour la productivité agricole, pastorale, forestière et piscicole.

Selon le premier du Mali, Soumeylou Boubeye Maiga, Koulikoro porte les stigmates de la dégradation du cadre de vie, sous l’effet de plusieurs facteurs comme la pollution de sachets plastiques, la déforestation, l’exploitation anarchique de sable et d’acier dans le milieu du fleuve Niger et la vétusté du système d’assainissement. De son point de vu, aucun pays n’échappe à la pollution plastique, c’est pourquoi le combat contre ce phénomène est un impératif pour tous dans le cadre d’un développement harmonieux du pays et chacun doit jouer sa partition dans cette mission patriotique. Les déchets plastiques sont devenus un véritable cauchemar pour les agriculteurs et éleveurs en envahissant les différents écosystèmes. Ils empêchent l’infiltration de l’eau dans le sol entrainant la perte de la biodiversité et l’insécurité alimentaire. Ils participent à l’extermination du cheptel par l’ingestion d’objets en plastique que les animaux confondent avec la nourriture. Le chef du gouvernement a invité les acteurs à agir pour assainir le cadre de vie et aller vers un mode de production et de consommation durable.

Ce cri de cœur du chef du gouvernement semble être entendu par des organisations de la société civile qui s’investissent dans la production des sacs bio dégradables afin d’influencer l’usage des sachets plastiques. Plusieurs types de sacs, allant des sacs en coton aux sacs en fibres étaient exposés dans les stands. Le Mali-folkecenter Nyetaa est dans cette dynamique depuis le FENA 2010 par la production de sacs en coton.

 

LA POLLUTION AU MALI : LES SACHETS PLASTIQUES SONT DES COMPAGNONS DANGEREUX


Le Mali à l’instar des autres pays du monde entier, va célébrer le 5 juin prochain la journée mondiale de l’environnement. Cet événement intervient au moment où les effets dus aux actions de l’homme sur l’environnement sont de plus en plus sévères. L’une d’entre elles est la pollution des sachets plastiques.

Depuis l’instauration de cette journée par les Nations Unies en juin 1972, chaque année elle est fêtée partout dans le monde. Elle est une occasion pour les spécialistes, les ONG et le gouvernement du Mali de discuter et de trouver des solutions aux problèmes environnementaux comme les sachets plastiques qui sont partout au Mali.

Pour faire comprendre aux populations les enjeux liés à l’utilisation de ces sachets plastiques, Mali-Folkcenter a lancé une campagne de sensibilisation à travers les médias, les réseaux sociaux et dans les lieux publics. Au cours de cette activité, des solutions alternatives plus écologiques leur sont proposées.

Les emballages plastiques font partie du quotidien des Maliens aujourd’hui. Dans les marchés et dans les boutiques, tout se vend dans des sachets plastiques. Cependant, après leur utilisation, ils sont jetés en plein air. Cela constitue, selon plusieurs spécialistes des questions environnementales, un grave danger pour l’homme et son écosystème.

Pour la plus part des Maliens, l’utilisation des sachets plastiques est plus pratique et plus avantageux. Selon eux, avec les sachets « on peut aller faire ses achats à la boutique ou au marché les mains vides ».

« C’est rentrer dans nos coutumes » affirment certains bamakois. Après usage, les sachets sont jetés dans les coins de rue, sur les routes ou souvent dans des poubelles. Si certains ignorent la nocivité du plastic pour l’environnement, d’autres en revanche, pensent qu’il a des effets négatifs sur notre cadre de vie.

Fatoumata Konaré, ménagère à Boulkassoumbougou, dit ne pas être au courant de la dangerosité de ce matériel. « Je fait tous mes achats avec les plastiques. Mais je ne sais pas que c’est dangereux pour l’environnement, les animaux et l’Homme », explique-t-elle.

Cependant, pour ce jeune étudiant à la faculté de médecine de Bamako, les conséquences des sachets sont multiples. Selon Ousmane Touré au cours de ses études, il a appris beaucoup de choses sur les plastiques. « A l’école, on nous appris que ces plastiques peuvent tuer les animaux et appauvrir nos sols cultivables », s’exclame monsieur Touré.

L’impact des sachets plastiques

Selon le ministère malien de l’Environnement et de l’Assainissement, plus de 17 000 tonnes de plastiques sont produites ou importées chaque année au Mali. Seulement près 2 000 tonnes sont recyclées, selon cette même source « Ils peuvent passer plus de 400 ans avant de se décomposer ».

Les sachets plastiques non biodégradables sont très dangereux d’abord pour la santé de l’homme. « La fumée produite par l’incinération des sachets plastiques contient des dioxines qui s’attaquent aux poumons ou aux hormones. Ce qui peut provoquer des cancers et des malformations chez les nouveaux nés », affirment les environnementalistes.

Ces emballages plastiques peuvent être dangereux pour les animaux domestiques, notamment les chèvres, les moutons et les bœufs, pour lesquels, ils peuvent être fatals.

Les plastiques constituent aussi un problème pour notre environnement. Leur utilisation peut être responsable de la pollution physique de l’environnement: l’effet de bouchage des canaux de conduite et d’évacuation des eaux et des déchets liquides divers.

Si cela n’est pas bien géré, ça peut provoquer des inondations. Les sachets plastiques usagés enfouis sous le sable, empêchent l’eau de s’infiltrer pour atteindre les nappes phréatiques. Ce qui entraîne l’assèchement des puits et forages et l’appauvrissement des sols cultivables.

Un plan B

Malgré la loi prise en janvier 2012 par les autorités maliennes qui interdit l’utilisation de cette matière, c’est en 2014 que son décret d’application est sorti. Cependant l’effet de cette loi n’est pas visible sur le terrain pour bon nombre d’acteurs évoluant dans la protection de l’environnement.

Pour empêcher l’utilisation des sachets plastiques, il faut offrir à la population une alternative, affirment les environnementalistes. Selon eux il faut passer par la sensibilisation de la population avant toute décision politique. Il faut aussi augmenter le nombre de dépôts finaux qui répondent aux normes. En fin, subventionner la fabrication ou l’importation des sachets biodégradables et accompagner toutes les initiatives de recyclage de ceux non biodégradables.