Une histoire d’or, de pollution et de beauté


Le président du Mali Folkecenter Nyetaa parle de l’extraction de l’or, des rêves et des réalités. Rapport d’un voyage à travers la forêt verte et luxuriante de Filamana

Par un rapporteur de MFC

«L’État ne tire qu’environ 20% des revenus des concessions d’or accordées généralement à de grandes entreprises étrangères. Mais ce qui est très sous évaluer dans le pays,  ce sont les risques et dangers pour la santé des population et des animaux et la destruction de l’environnement causés par l’extraction de l’or qu’elle soit industrielle ou à travers l’orpaillage ».

Ibrahim Togola, Président de Mali-Folkecenter Nyetaa, dépeint cette image sombre de l’extraction de l’or au Mali, alors que nous traversons la forêt de Filamana au sud-ouest du pays.

Nous sommes dans cette partie du pays sur notre chemin pour voir certains des projets de MFC dans la région, qui visent tous à entraver la dégradation de l’environnement et à aider les communautés locales vulnérables.

Sur une route étonnamment plate à travers la forêt, nous voyons un paysage qui, à première vue, semble contredire les remarques de M. Togola.

Filamana est une beauté naturelle. C’est la plus grande zone arborée du Mali et, à cette époque de l’année, les arbres, les buissons et la flore présentent une variété de couleurs vertes somptueuses et ahurissantes.

C’est seulement en surface. Dans le cadre magnifique se voient les effets du changement climatique qui a dégradé le sol qui était fertile pendant des années. Les précipitations ont diminué au fil de plusieurs décennies. Les rivières, les ruisseaux, les lacs sont à sec une grande partie de l’année. Les pêcheurs ne peuvent plus pêcher en ces moments. Les arbres meurent.

De plus, le sol est maintenant exposé à une pollution importante due au mercure toxique utilisé pour l’extraction de l’or par les orpailleurs sans les précautions exigées en la matière.

Or et mercure toxique

C’est dans la croûte terrestre sous la forêt que l’impression immédiate de la beauté est définitivement brisée.

Il y a des trous partout, de toutes tailles: 5, 10, 20 mètres de profondeur, creusés par des jeunes à la recherche du métal précieux: l’or.

Les trous en tant que tels ne constituent pas une menace particulière pour la nature. Ce qui est dangereux, c’est le mercure qui pollue l’environnement. En même temps, cet élément chimique constitue un grave danger pour la santé des humains s’ils le touchent et l’inhalent. Et c’est exactement ce que font les orpailleurs.

Dans la forêt de Filamana, comme ailleurs au Mali, le contrôle n’est pas efficace sur le «orpaillage privé». Les trous ne sont pas protégés, dangereux, tout comme le mercure.

Le Mali-Folkecenter Nyetaa a plaidé pendant des années pour que le gouvernement malien réglemente l’exploitation de l’or grâce à des règles et règlements efficaces pouvant être appliqués.

Togola: «a l’heure actuelle, les recettes de l’exploitation de l’or pour l’état et les populations sont très minimes comparées à la destruction et la pollution des rivières, des forêts et des terres agricoles, ajouté à la pollution créée par les petits creuseurs d’or. En plus, les chasseurs chassés, les mains vides et insatisfaits comme jamais auparavant »

Les gens de Bamako

Nous nous arrêtons et parler à un groupe de sept jeunes hommes qui fouille le sol à la recherche des précieux pépites d’or.

L’un des orpailleurs explique que son groupe creuse et fouille du lever au coucher du soleil et gagne parfois jusqu’à 20 grammes d’or – lorsque la journée est bonne. D’autres jours, ils ne trouvent rien du tout.

L’or est vendu à des acheteurs individuels, principalement des «gens de Bamako», comme le dit secrètement un creuseur.

Un gramme d’or rapporte 19 – 20 000 CFA (33 – 34 dollars US, éd.), et les sept creuseurs et laveurs de ce groupe partagent le revenu en huit portions. La huitième part est pour le chef du village en paiement de la permission d’exploitation et d’utilisation de l’endroit pour laver et vendre l’or.

Une politique délibérée?

Aujourd’hui, il n’y a pas de garanties pour les jeunes orpailleurs dans la forêt qui viennent par milliers avec le rêve de gagner suffisamment d’argent pour survivre et peut-être trouver un jour le gros morceau d’or qui les rendra riches.

La plupart s’en vont les mains vides avec un risque inhérent d’avoir un corps empoisonné

Président Ibrahim Togola

M. Togola se dit que le manque de politique et de contrôle de l’État est délibéré:

«Tant que les jeunes creusent à Filamana, ils ne créent aucun problème à Bamako. S’ils étaient tous à Bamako, ils pourraient unir leurs forces et défier le pouvoir en place, exigeant des emplois et une vie meilleure. Par conséquent, l’État, laisse faire les choses car n’a pas d’emploi à offrir à ces jeunes », dit-il et souligne que la jeunesse malienne est la grande majorité de la population qui est la plus touchée par le chômage et le manque de possibilités.

M. Togola estime que les milliers de orpailleurs individuels au Mali produisent plus de 10 tonnes par an alors que les grandes entreprises produisent autour 50 tonnes selons les statistiques, ce qui fait de l’or le plus gros pourvoyeur de revenu du Mali.

Mais comme le souligne le Président: Il y a un énorme déséquilibre entre le gain financier pour l’État (environ 20%) et la destruction et la pollution de la campagne malienne.

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Le mercure, également appelé vif-argent: (extrait de Wikipedia et d’autres sources en ligne):

La forme liquide du mercure est particulièrement dangereuse car il se vaporise à température ambiante. … Si les vapeurs de mercure sont inhalées, elles sont facilement absorbées par l’organisme, où elles pénètrent d’abord dans les poumons et de là dans le sang et le cerveau ».

Les effets toxiques incluent des dommages au cerveau, aux reins et aux poumons. L’empoisonnement au mercure peut entraîner plusieurs maladies… ».

Il s’agit du deuxième article d’une courte série tirée des zones d’intervention des MFC dans le sud-ouest du Mali. La premier a lire ici: Un troisième suivra sous peu.

A tale of gold, pollution – and beauty


The chairman of Mali Folkecenter Nyetaa speaks out about gold-digging, dreams and realities. Report from a trip through the green and lush Filamana Forest

By MFC reporter 

“The state only gets around 20 per cent of the income from gold concessions given mainly to big foreign companies. In addition,  the health hazards to people and animals and the environmental destruction caused by gold digging, whether industrial or artisanal, are underestimated”.

Ibrahim Togola, chairman of the Mali Folkecenter Nyetaa, paints this gloomy picture of gold extraction in Mali, while we travel through the forest of Filamana in southwestern Mali.

We are in this part of the country on our way to visit MFC projects that are all designed to impede environmental degradation and help local vulnerable communities.

On a surprisingly smooth road through the forest we witness a scenery that at first glance seems to be is in stark contrast to Mr. Togolas’s remarks.

Filamana is natural beauty. It is the largest tree-covered area in Mali, and at this time of the year, trees, bush, flora present a lavish and mind-boggling variety of green colors.

But only on the surface. In the beautiful surroundings linger the effects of climate change that has hampered the otherwise fertile soil for years. Rainfall has decreased over decades. Rivers, creeks, lakes are running dry earlier than before. Fisherfolk cannot fish any longer. Trees are dying.

On top of it, the ground is now exposed to extensive pollution from the toxic mercury that is used for extraction by gold diggers without the needed precautions.

Gold and toxic mercury

It is in the earth crust under the forest that the immediate impression of beauty is conclusively shattered.

Holes are everywhere, in all sizes: 5, 10, 20 meters deep, dug up by youngsters searchifor the precious metal: gold.

The holes as such are not a menace to nature. What is dangerous is the mercury. It pollutes the environment and is a serious health hazard for humans if they touch and inhale it.

People from Bamako

We pull over and talk to a group of seven young men who are busy washing the soil to find the precious pieces of gold.

One of the washers explains that his group digs and washes from sunrise to sunset and sometimes score up to 20 grams of gold – on a good day. Other days they find nothing whatsoever.

The gold is sold to individual buyers, mostly “people from Bamako”, as one digger puts it secretively.

A gram of gold brings in 19-20,000 CFA (33-34 US dollars, ed.), and the seven diggers and washers in this group share the income in eight portions. The eight share is for the head of village as payment for permission to dig and use the spot to wash and sell the gold.

A deliberate policy?

Today there are no safeguards for the young diggers in the forest who come in their thousands with a dream of earning enough money to survive on and maybe one day find the big lump of gold that will make them rich.

Most leave empty-handed again with an inherent risk of a poisoned body.

Mr. Togola suspects that the state’s lack of policy and control is deliberate:

Chairman Ibrahim Togola in the Filamana forest

“While the youngsters dig in Filamana they do not make trouble in Bamako. If they were all in the capitol they might join forces and challenge the establishment, demanding jobs and a better life. Therefore, the state let it happen”, he says and underlines that Malian youth is the great majority of the population that bears the brunt of unemployment and lacking opportunities.

Mr. Togola estimates that the thousands of individual diggers in Mali dig up 10-15 tons a year while the large companies produce 50 tons, making gold the biggest income-earner for Mali.

But he emphasizes that there is an enormous gap between the financial gain for the state (20 percent) and the destruction and pollution of the Malian countryside.

Mercury, also called quicksilver: (abstract from Wikipedia and other online sources):

”The liquid form of mercury is especially dangerous because it vaporizes at room temperature. … If mercury vapor is inhaled, it is easily absorbed by the body, where it first gets into the lungs and from there into the blood and the brain”.

”Toxic effects include damage to the brain, kidneys and lungs. Mercury poisoning can result in several diseases,….”

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This is the second article in a series from MFCs intervention zones in southwestern Mali. Read the first one about the Bozo fisherfolks’ struggle to survive here:

Read the third one about clashes between herders and farmeres here

LES «MAITRES DE LA RIVIERE» SE REPLIQUENT


Une petite coopérative du sud-ouest du Mali est confrontée au changement climatique et à la pollution causée par l’exploitation de l’or. Un projet de pêche atténue les problèmes pour la communauté vulnérable

«La vie s’est considérablement améliorée avec les étangs de pêche», explique Mohamed Kominé.

Il est le président d’une coopérative de 107 pêcheurs Bozo près de la rivière Balé, juste à l’ouest de Yanfolila, dans le sud-ouest du Mali.

Il montre quatre grands bassins de pêche en eau douce remplis de poissons tilapias et explique que les étangs constituent une source de revenus constante pour la communauté Bozo.

Les Bozos, des pêcheurs réputés, sont également appelés les «maîtres du fleuve», le fleuve Niger. Ils ont commencé à se déplacer vers le sud il y a environ 20 ans en raison de la chute des niveaux d’eau dans le fleuve Niger.

Tragiquement, ils ont maintenant rencontré le même problème dans la région de Yanfolila: les niveaux d’eau ont considérablement baissé en raison d’une période prolongée de sécheresse.

En plus de cela, les pêcheurs sont exposés à une grave pollution due à l’exploitation intensive de l’or dans la région.

Les poissons ne peuvent plus survivre dans les rivières autour de Yanfolila.

Les étangs

Par conséquent, il a été décidé de construire les étangs de pêche qui produisent environ une tonne de tilapia chaque mois. Cela génère en moyenne 1,5 million de francs CFA à la coopérative au profit des 75 familles bozo vivant dans 12 villages autour de Yanfolila.

Bien que les étangs améliorent les conditions de vie de la communauté Bozo et de la population environnante qui a accès au poisson frais, la coopérative est très préoccupée par la pollution intense provoquée par les intenses exploitations de l’or dans la région qui semblent s’aggraver de jour en jour.

Les coupables sont de grandes entreprises du Canada, de l’Australie, de l’Afrique du Sud et maintenant de la Chine, ainsi que des milliers de chercheurs d’or «privés» venus de tout le Mali et des pays voisins. Les chercheurs sont principalement des jeunes hommes qui rêvent de faire fortune rapidement.

Mais la plupart des jeunes pleins d’espoir repartent les mains vides, beaucoup ayant de graves problèmes de santé en inhalant et en touchant le mercure hautement toxique utilisé pour laver l’or.

Les chercheurs d’or

M. Kominé révèle que la région est une zone entière de ruée vers l’or comme le Klondike au Canada. Il existe des entreprises intouchables puissantes avec des contrats très serrés avec l’État malien. Ce sont elles les plus gros pollueurs.

À côté des mines «officielles» des entreprises, des dizaines de milliers de chercheurs privés travaillent dans des trous profonds, dangereux et non protégés.

Les petits ou les grands chercheurs d’or utilisent tous le même mercure toxique, également appelé «vif-argent» pour laver l’or.

M. Kominé dit: «C’est dangereux ici. Ils sont trop nombreux, et même si nous essayons de les convaincre d’arrêter de creuser, ils n’écouteraient pas. Ils pourraient même nous tirer dessus ».

Amadou Konaté, président de l’ONG Pacindha, qui supervise le projet d’étang de pêche, confirme la déclaration de M. Kominé et déclare que «la situation est très complexe. En réalité, cela ne peut être résolu qu’au niveau du gouvernement. Nous faisons du lobbying auprès du ministère de l’Agriculture et leur demandons de trouver une solution durable ».

M. Kominé ajoute: «Dans la coopérative, nous essayons de décourager nos frères de la communauté Bozo de chercher de l’or ici, mais c’est très difficile. Il est facile de tomber dans le rêve d’une fortune rapide, alors certains de nos jeunes creusent effectivement pour trouver de l’or ».

Six jeunes Bozo sont employés par une société d’exploitation aurifère, mais en général, quatre jeunes sur cinq s’installent à Bamako, en Guinée ou en Côte d’Ivoire pour trouver un emploi. Certains ont même emprunté la dangereuse voie de la migration vers la Méditerranée. Deux sont actuellement en Espagne.

L’état

Ibrahim Togola, président de Mali-Folkecenter Nyetaa, qui a initié un programme national couvrant le projet de pêche, a déclaré que les étangs de Yanfolila atténuent effectivement une partie de la vulnérabilité de la communauté Bozo.

Mais il ajoute que ce n’est qu’une consolation locale étroite:

«L’État malien devrait assumer la responsabilité globale et faire des plans pour contrôler l’extraction de l’or et lutter contre le changement climatique. Si les étangs de pêche étaient gérés par l’État, cela aurait beaucoup plus d’impact », déclare M. Togola.

Les pêcheurs de la coopérative partagent le rêve d’étendre leur commerce de tilapia et de créer un véritable marché aux poissons à côté du pont sur la rivière Balé construit par un consortium chinois.

Un membre de la coopérative explique: «Lorsque le pont sera terminé, nous pourrons faire des stands à côté. Pour l’instant, il n’y en a pas. Les femmes pourraient vendre du poisson aux passants. C’est la tradition bozo: les hommes pêchent, les femmes vendent. En même temps, une petite zone de visiteurs sur les rives de la rivière avec un restaurant de poissons pourrait être créée », ajoute-t-il.

Le projet d’étangs à Yanfolila fait partie de la politique de Mali-Folkecenter qui consiste à aider les communautés locales à gérer les risques liés au changement climatique et à s’adapter à ces évolutions négatives. Parallèlement, des activités génératrices de revenus sont mises en place pour assurer l’autonomie des communautés locales.

Les étangs de pêche de Yanfolila ne sont qu’un des 25 projets générateurs de revenus et projets d’adaptation et d’atténuation des changements climatiques similaires au Mali, connus sous les acronymes PIL-ADCC (Projet d’Initiatives Locales d’Adaptation Durable aux Effets des Changements Climatiques des Communautés Rurales Vulnérables au Mali).

L’ONG Pacindha, qui supervise le projet, signifie «Pôle d’Actions d’Intégration des Droits de l’Homme en Afrique».

Le programme est un élément de la coopération entre Mali-Folkecenter et le gouvernement suédois. Sur quatre ans, 42,5 millions de couronnes suédoises (soit environ 5 millions de dollars américains) sont acheminés par le biais des 130 membres de l’organisation faîtière nationale RESO-Climat Mali aux différents projets.

Le gros de la communauté Bozo au Mali habite le long des rives du fleuve Niger où ils ont fondé des villes comme Mopti et Djenné il y a des siècles.
Il n’existe pas de statistiques officielles sur le nombre de Bozos au Mali, mais dans un ouvrage récent sur la crise malienne («La Tragédie Malienne» de Patrick Gonin et al.), Les auteurs estiment que les Bozos représentent moins de 2% de la population malienne. Selon le manuel de la CIA pour le Mali pour l’année 2017, la population malienne s’élève à un peu moins de 18 millions de personnes, ce qui signifie que les Bozos compteraient moins de 360 000 personnes.

«Klondike» fait référence à la «ruée vers l’or» la plus célèbre de l’histoire: «La Ruée vers l’Or du Klondike était une migration d’environ 100 000 prospecteurs vers la région du Klondike du Yukon au nord-ouest du Canada entre 1896 et 1899. Le 16 août 1896, des mineurs locaux y ont découvert de l’or et, lorsque les nouvelles ont atteint Seattle et San Francisco l’année suivante, elles ont provoqué une ruée des prospecteurs. Certains sont devenus riches, mais la majorité est allée en vain.

C’est le premier d’une série d’articles sur les activités de Mali-Folkecenter dans le sud-ouest du Mali. Il sera bientôt suivi d’un article plus approfondi sur les chercheurs d’or privés dans la région.

The “Masters of the River” fight back


Small cooperative in southwestern Mali struggles with climate change and pollution from gold digging. A fishing project mitigates the hardship for the vulnerable community 

“Life has improved considerably with the fishing ponds”, says Mohamed Kominé.

He is chairman of a cooperative of 107 Bozo fisherfolks near the river Bale, just west of Yanfolila in southwestern Mali.

He points in the direction of four large fresh-water fishing ponds that are full of tilapia fish and explains that the ponds are a steady source of income for the Bozo community.

Renowned fishing people the Bozos are also called the “Masters of the river”, the Niger River, that is. They started moving south some 20 years ago due to falling water levels in the Niger River.

Tragically they have now encountered the very same problem in the Yanfolila region: Water levels have fallen drastically because of prolonged periods of drought.

On top of that the fisherfolks are exposed to strong pollution from intensive gold digging in the area.

Fish simply cannot survive in the rivers around Yanfolila any longer.

The ponds

Therefore, it was decided to construct the fishing ponds that produce about one ton of tilapaia each month. This generates an average of 1.5 million CFA to the cooperative to the benefit of the 75 Bozo families living in 12 villages around Yanfolila.

Though the ponds enhance the living conditions for the Bozo community and the surrounding population, that enjoys access to fresh fish, the cooperative is concerned about the intense pollution from the massive gold-digging in the region. The problem seems to get worse day by day.

The culprits are large companies from Canada, Australia, South Africa, and now also from China, together with thousands of “private” gold diggers coming from all over Mali and neighboring countries. The diggers are mainly young men that dream of making a quick fortune.

Most of them leave again, empty-handed, many with serious health problems from inhaling and touching the highly toxic mercury, that is used to wash the gold.

The gold diggers

Mr. Kominé reveals that the region is an outright gold rush area like the historical Klondike in Canada. There are powerful companies with tight-knit contracts with the Malian state. They are the greatest polluters.

Next to the companies’ “official” mines work tens of thousands private diggers in deep, unsafe and unprotected holes.

Big or small gold-diggers all use the same poisonous mercury, also known as “quicksilver” to wash the gold.

Mr. Kominé says: “It is dangerous here. They are too many diggers, and even if we tried to convince them to stop digging they would not listen. They might even shoot us”.

Amadou Konate, who is the president of the NGO Pachindha, supervising the fishing pond project, backs up Mr. Kominé’s statement and says that “the situation is very complex. In reality it can only be solved at government level. We are lobbying the Ministry of Agriculture and have asked them to find a lasting solution”.

Mr. Kominé adds: “In the cooperative we try to discourage our brothers in the Bozo community to dig gold here, but it is very difficult. It is easy to fall for a dream of a quick fortune, so some of our youngsters do indeed dig gold”.

Rivers polluted from gold washing

Six young Bozo men are employed by a gold-mining company, but in general four out of five young people move to Bamako, Guinea or Ivory Coast to find jobs. Some have taken the dangerous path of migration up to the Mediterranean. Two are currently in Spain.

The state

Ibrahim Togola, President of Mali Folkecenter, who is initiator of a nation-wide program covering the fishing project says that the ponds in Yanfolila does indeed alleviate some of the vulnerability of the Bozo community.

But he adds that it is only a local narrow consolation:

“The Malian state ought to take the over-all responsibility and make plans to control the gold mining and to fight climate change. If the fishing ponds were run by the state it would have a lot more impact”, says Mr. Togola.

The fishers in the cooperative share a dream of extending their tilapia business and create a real fish market next to the bridge over the Bale River that a Chinese consortium is constructing.

A man from the cooperative explains: “When the bridge is finished we could make stalls next to it. As of now there are none. Women could sell fish to passers-by. This is the bozo tradition: men fish, women sell. At the same time a small visitors’ area on the banks of the river with a fish restaurant could be created”, he adds.

The fish pond project in Yanfolila is part of Mali Folkecenter’s policy of helping local communities to manage risks from climate change and to adapt to these negative developments. Concurrently income-generating activities are introduced aiming at self-reliance for the local communities.

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The fishing ponds by Yanfolila are just one of 25 similar income-generating projects and climate-change adaption and mitigation projects all over Mali, known by the French acronyms PIL-ADCC. In English: “Project of Local Initiatives for Sustainable Adaptation to the Effects of Climate Change on Vulnerable Rural Communities in Mali”.

The NGO Pachindha that supervises the project stands for “Pôle des Actions d’Integration des Droits Humains en Afrique”.

The programme is an element of Mali Folkecenter’s cooperation with the Swedish government. Over four years 42.5 million Swedish Kroner (or about 5 million US dollars), are channeled through the 130 members nation-wide umbrella organization RESO-Climat Mali to the various projects.

The bulk of the Bozo community in Mali dwell along the banks of the river Niger where they founded cities like Mopti and Djenné centuries ago.

There are no official statistics as to how numerous the Bozos of Mali are, but in a recent book on the Malian crisis (“La Tragedie Malienne” by Patrick Gonin et al.) the authors estimate that Bozos represent less that 2 % of the Malian population. According to the CIA factbook for Mali for 2017, the Malian population is a bit less than 18 million people, meaning that the Bozos would be fewer than 360,000 people.

“Klondike” refers to the most famous “gold rush” in history: “The Klondike Gold Rush (From Wikipedia): was a migration by an estimated 100,000 prospectors to the Klondike region of the Yukon in north-western Canada between 1896 and 1899. Gold was discovered there by local miners on August 16, 1896, and, when news reached Seattle and San Francisco the following year, it triggered a stampede of prospectors. Some became wealthy, but the majority went in vain.”


This is the first in a series of articles about Mali Folkecenter activities in the south-western part of Mali. Read about gold-digging here:

Read about struggles between herders and farmers here