“L’Afrique est la région du lever du soleil”- Une voix d’une conférence


L’énergie renouvelable est la voie à suivre pour «lutter contre la pauvreté en Afrique» et le changement climatique dans le monde. Telles sont les perspectives soulevées par Hortense Kagambèga Traoré du Burkina Faso lors de la récente grande conférence mondiale sur le pouvoir de la communauté, Bamako.

«La possibilité de développer l’énergie communautaire en Afrique et à l’échelle mondiale découle de la promotion des énergies renouvelables, car c’est le principal moyen de protéger notre environnement et de lutter contre le changement climatique», a déclaré Mme Hortense Kagambèga Traoré du Burkina Faso.

Ingénieur en environnement et hydrogéologue, elle a apporté son expertise à la conférence Mondiale sur l’Energie Communautaire qui a récemment réuni près de 300 experts du monde entier à l’Hôtel Amitié de Bamako.

Mme Traoré fait preuve d’un optimisme prudent pour son continent car «l’Afrique est la région du lever du soleil», déclare-t-elle:

«Nous pouvons promouvoir l’énergie (renouvelable) à bas prix pour lutter contre la pauvreté en Afrique et le changement climatique dans le monde».

Elle pense que la conférence de Bamako « a identifié les problèmes rencontrés par les communautés en ce qui concerne la disponibilité de l’énergie » et a l’assurance que le résultat sera des projets « pouvant aider l’Afrique. En particulier, les pays d’Afrique subsaharienne sont confrontés à de nombreux problèmes de disponibilité de l’énergie ».

L’expert burkinabé identifie les énormes ressources africaines mais regrette qu’il en reste si peu pour les communautés locales et surtout rurales.

Les gouvernements doivent être impliqués

Dans son travail quotidien, Mme Traoré s’occupe de sensibiliser les communautés aux avantages de l’utilisation des énergies renouvelables.

Elle se concentre sur l’énergie solaire et l’énergie du biodigesteur qui permettent aux petites et moyennes entreprises et aux agriculteurs d’augmenter leur production de manière durable.

Mme Traoré partage l’opinion de nombreux autres experts de la conférence de Bamako selon laquelle, pour renforcer le contrôle des collectivités locales sur l’énergie, les gouvernements centraux doivent être impliqués. Les décideurs au niveau national doivent faire preuve de bonne volonté et prendre des mesures concrètes.

Elle donne un exemple positif de son pays d’origine, le Burkina Faso.

Sonabel. Siège de la compagnie nationale d’électricité du Burkina Faso

Ici, le gouvernement a encouragé les banques à octroyer des crédits sans intérêt aux petites

et moyennes entreprises pour l’achat d’équipements d’énergie solaire.

« Cette mesure réduira la pression énergétique sur nos services publics, à tels que la compagnie nationale d’électricité », a déclaré Mme Traoré.

La demande en énergie augmente non seulement au Burkina Faso, mais dans toute l’Afrique.

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Court CV d’Hortense Kagambèga Traoré

Ingénieur en environnement et hydrogéologue

Responsable de programme à Women Environmental Program

Consultant dans les domaines de l’environnement, de l’eau, de l’énergie et du changement climatique

Superviseur et chef de projet à Switch Africa Green sur la symbiose industrielle et l’efficacité énergétique.

2011-2018: Enseignant provisoire en Evaluation Environnementale au CRES: Centre africain de recherche en sciences et en formation et Institut INGRID

Publications sélectionnées:

2018: Article sur les impacts des variations climatiques sur les ressources en eau dans le sous-bassin du Massili (bassin du Nakanbé) au Burkina Faso

Consultations:

2018: Projet PRASE: Évaluation externe de la mise en œuvre des mesures de sauvegarde de l’environnement du projet de construction de l’aéroport de Donsin, de ses chemins d’accès et de ses routes de campagne.

2018: Projet d’appui à l’enseignement supérieur (PAES): Note d’impact environnemental et social de l’Université Virtuelle du Burkina Faso

2013: Audit environnemental et social de l’Unité Industrielle de Djama Djigui

2008: Evaluation de l’impact environnemental du projet ECOSAN au CREPA (Centre Régional de l’Eau Potable et de l’Assainissement)

Un biodigesteur est un réservoir qui digère biologiquement une matière organique, également décrit comme «un estomac mécanique» dans différentes sources en ligne: Le biodigesteur «est alimenté avec une matière organique qui est détruite (décomposée) par des micro-organismes (bactéries) dans un environnement sans oxygène pour produire une énergie renouvelable appelée biogaz (méthane et dioxyde de carbone) et d’autres matériaux principalement utilisés comme engrais.

Photo en haut: Magasin de panneaux solaires à Ouagadougou

“Africa is sun rise area” – A voice from a conference


Renewable energy is the way forward to “fight poverty in Africa” and climate change in the world. These were the perspectives raised by Hortense Kagambèga Traoré from Burkina Faso during the recent large World Community Power Conference in Bamako 

“The possibility for developing community power in Africa and on a global scale comes from promoting renewable energy, because this is the main way to protect our environment and to fight climate change”, says Mrs. Hortense Kagambèga Traoré of Burkina Faso.

She is environmental engineer and hydrogeologist and brought her expertise to the World Community Power conference that recently gathered almost 300 experts from around the world in Bamako’s Hotel L’Amitié.

Solar panel shop Ouagadougou

Mrs. Traoré is cautiously optimistic for her continent because “Africa is sun rise area”, says she:

“We can promote (renewable) energy at a low price to fight poverty in Africa, and climate change in the world “.

She thinks the Bamako conference “identified problems which communities encounter about availability of energy” and feels assured that the outcome will be projects “that can help Africa. In particular Sub-Saharan countries face a lot of challenges with energy availability”.

The Burkinabé expert pinpoints the enormous African resources but regrets that so little of it is available for local and especially rural communities.

Governments must be involved

In Mrs. Traoré’s daily work she deals with sensitizing communities about the benefit of using renewable energies.

She focuses on solar energy and biodigester energy that allow small and medium enterprises and farmers to increase production in a sustainable way.

Mrs. Traoré shares the opinion of many other experts in the Bamako conference that to enhance local communities’ control over energy central governments must be involved. Decision makers at a national level have to show their goodwill and take concrete measures.

She gives a positive example from her home country, Burkina Faso.

Sonabel. HQ of the National Electricity Company of Burkina Faso

Here the government has encouraged banks to grant interest free credits to small and medium-sized enterprises to buy solar energy equipment.

“This measure will reduce the energy pressure on our utilities, like the national electricity company”, says Mrs. Traoré.

Demand for energy is growing in not only in Burkina Faso, but all over Africa.

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Short CV for Hortense Kagambèga Traoré

Environmental Engineer and Hydrogeologist

Program Manager at Women Environmental Program

Consultant in the field of environment, water, energy and climate change

Supervisor and project manager with Switch Africa Green on industrial symbiosis and energy efficiency.

2011-2018: Provisional teacher in Environmental Assessment at CRES: African Center for Research in Science and Training and INGRID Institute

Selected publications:

2018: Article on the impacts of climate variations on water resources in the Massili sub-basin (Nakanbé basin) in Burkina Faso

Consultancies:

2018: Project PRASE: External evaluation of the implementation of the environmental safeguard measures of the Donsin airport construction project, its access roads and rural roads

2018: Support Project for Higher Education (PAES): Environmental and Social Impact Note of the Virtual University of Burkina Faso

2013: Environmental and Social Audit of the Djama Djigui Industrial Unit

2008: Evaluation of the environmental impact of the ECOSAN project at CREPA (Regional Center for Drinking Water and Sanitation)

biodigester is a tank which digests organic material biologically, also described as “a mechanical stomach” in various sources online: The biodigester “is fed with organic material, which is broken down (decomposed) by micro-organisms (bacteria) in an oxygen-free environment to produce a renewable energy called biogas (methane and carbon dioxide) and other material that is mainly used as fertilizer.

 

Bamako conference demands renewable energy for all


Wind, solar and other energy sources is a natural right for all citizens and communities in the world – Read the declaration from the successful World Community Power Conference that closed in Bamako last Friday

“We, the participants of the 2nd World Community Power Conference in Bamako WCPC2018, that gathered more than 400 people from more than 30 countries in Bamako, Mali, on 8th and 9th November 2018, agreed to and decided to issue this Declaration:

After two days of very fruitful discussions of all relevant aspects regarding community power and energy access, and building on the outcomes of previous events, including the Fukushima Community Power Declaration and the Community Power for All Resolution, we conclude:

We re-confirm that availability of energy is the precondition for human life and for prosperity and that it must be top priority to serve those hundreds of millions around the world without access to modern energy services.

Renewable energy is available everywhere in abundance and can in principle be used by everyone.

Solar lighting

Accordingly, we underline that the free use of wind, solar and all other renewable energy sources for self-supply should be recognized as a true and natural right of all citizens and communities.

We underline that in particular local and community ownership of renewable energy projects do multiply the benefits of energy availability, strengthen socioeconomic prosperity, resilience to climate change and participation and further democratic structures.

We re-confirm that community power, whether grid-connected or off-grid, is understood as a community-driven, local commitment to renewable energy production infrastructure, which are built and operated by local citizens, communities and municipalities on their own responsibility and whose economic and social benefits, in turn, benefit the local community, i.e. investments oriented towards the common good, ensuring democratic participation.

In order to accelerate access rates and to minimize environmental hazards such as greenhouse gas emissions and air pollution, we call on decision-makers around the world to recognize the basic right to harvest sustainably and use renewable energy for self-supply of individual persons as well as of communities.

This basic right should be provided by:

Avoiding, respectively removing, all kind of actual and bureaucratic barriers to the use of renewable energy

Enabling and supporting citizens and communities to develop and operate renewable energy technologies

Making renewable energy technologies available to all human beings

Develop and promote business models that allow and emphasize the productive use of renewable energy

Support local, community based investors, by making use of innovative financial instruments that help to close the equity gap.

We welcome all government initiatives – including the upcoming NDC review process, monitoring the fulfilment of Sustainable Development Goal 7 and enhancing climate finance e.g. through the Green Climate Fund – that support community power, be it in the developing or in the developed world.

We encourage all governments and all international organisations to set up additional

Solar panel cooker

frameworks that allow communities and citizens to become owners of renewable energy projects.

We thank all governments, international organisations and individuals who contributed to this conference, in particular the Government of Mali, the German Federal Ministry for Environment, the World Food Programme, GIZ, ISEP Japan, and all those who contributed to making the WCPC2018 a success.

We welcome the creation of the African Community Power and Rural Electrification Platform and encourage all African community power stakeholders to join and to actively contribute for the benefit of the people in Africa.

We invite all delegates and community power stakeholders around the world to join the 3rd World Community Power Conference 2020 whose host country will be announced in spring 2019.

Bamako, 8 November 2018

Group picture of participants in front of Hotel L’Amitié, Bamako. Click on picture to enlarge

Signed by the representatives of the three hosting organisations on behalf of all the participants

Dr. Ibrahim Togola, Chairman, Mali Folkecenter Nyetaa
Stefan Gsänger, Secretary General, WWEA
Dr. Tetsunari Iida, Director, ISEP Japan

NDC = National Determined Contributions: Read more about NDC

Sustainable Development Goal 7 : « Ensure access to affordable, reliable, sustainable and modern energy for all »

Top photo: Signatories to the Bamako Declaration Dr. Tetsunari Iida, Director, ISEP Japan,
Stefan Gsänger, Secretary General, WWEA, and Dr. Ibrahim Togola, Chairman, Mali Folkecenter Nyetaa

 

 

La conférence de Bamako exige des énergies renouvelables pour tous


L’énergie éolienne, solaire et autre est un droit naturel pour tous les citoyens et toutes les communautés du monde – Lisez la déclaration de la conférence mondiale fructueuse sur l’alimentation électrique qui s’est terminée vendredi à Bamako:

« Nous, les participants à la 2e Conférence mondiale sur l’énergie communautaire à Bamako, au Mali, avons réuni ici plus de 400 personnes venant de plus de 45 pays, les 8 et 9 novembre 2018, qui ont accepté et décidé de publier cette déclaration.

Après deux jours de discussions très fructueuses sur tous les aspects pertinents concernant l’énergie communautaire et l’accès à l’énergie communautaire, et sur la mise à profit des résultats des événements précédents, notamment la Déclaration de Fukushima sur l’énergie communautaire et la résolution de l’Energie Communautaire pour tous!, nous concluons ce qui suit :

Nous réaffirmons que la disponibilité de l’énergie est la condition préalable à la vie humaine et à la prospérité et qu’il doit être absolument prioritaire de servir les centaines de millions de personnes dans le monde qui n’ont pas accès aux services énergétiques modernes.

L’énergie renouvelable est disponible partout en abondance et peut en principe être utilisée par tout le monde.

Lampadaire solaire

En conséquence, nous soulignons que l’utilisation gratuite de l’énergie éolienne, solaire et de toutes les autres sources d’énergie renouvelable pour l’auto-approvisionnement devrait être reconnue comme un droit véritable et naturel de tous les citoyens et de toutes les communautés.

Nous soulignons, en particulier, que la propriété locale et communautaire des projets d’énergie renouvelable multiplie les avantages de la disponibilité de l’énergie, renforce la prospérité socio-économique, la résilience aux changements climatiques et la participation, et renforce les structures démocratiques.

Nous réaffirmons que l’énergie communautaire connectée au réseau et hors-réseau est comprise comme un engagement local, impulsé par la communauté, en faveur d’infrastructures de production d’énergie renouvelable, qui sont construites et exploitées par les citoyens locaux et les municipalités sous leur propre responsabilité et dont les avantages économiques et sociaux profitent à la communauté locale, c’est-à-dire des investissements orientés vers le bien commun, garantissant une participation démocratique.

Afin d’accélérer les taux d’accès et de minimiser les risques environnementaux tels que les émissions des gaz à effet de serre et la pollution atmosphérique, nous appelons les décideurs du monde entier à reconnaître le droit fondamental de produire de manière durable et d’utiliser les énergies renouvelables pour l’auto-approvisionnement des personnes aussi bien que des communautés.

Ce droit fondamental devrait être assuré en:

  • Évitant, et même en éliminant tous les types d’obstacles réels et bureaucratiques à l’utilisation d’énergies renouvelables ;
  • Permettant et appuyant les citoyens et les communautés de développer et d’exploiter des technologies utilisant des énergies renouvelables ;
  • Rendant les technologies des énergies renouvelables accessibles à tous les êtres humains ;
  • Développant et en promouvant des modèles commerciaux qui permettent et qui mettent l’accent sur l’utilisation productive des énergies renouvelables ;
  • Soutenant les investisseurs locaux, basés sur la communauté, en utilisant des instruments financiers innovants qui aident à combler le fossé des fonds propres.

Nous félicitons toutes les initiatives gouvernementales, y compris le processus de révision des CND, le suivi de la réalisation de l’Objectif de développement durable 7 et l’amélioration du financement de la lutte contre le changement climatique, par exemple, à travers le Fond Vert pour le Climat – qui soutiennent le pouvoir communautaire, que ce soit dans le monde en développement ou dans le monde développé.

Nous encourageons tous les gouvernements et toutes les organisations

Cuiseur à panneau solaire

internationales à mettre en place des cadres supplémentaires permettant aux communautés et aux citoyens de devenir propriétaires de projets d’énergie renouvelable.

Nous remercions tous les gouvernements, les organisations internationales et les particuliers qui ont contribué à cette conférence, en particulier le gouvernement du Mali, le ministère fédéral allemand de l’Environnement, le Programme alimentaire mondial, la GIZ, ISEP Japon et tous ceux qui ont contribué au succès de la WCPC2018.

Nous nous félicitons de la création de la Plateforme Africaine de l’Energie Communautaire et de l’Electrification Rurale et encourageons tous les acteurs africains de l’énergie communautaire à s’associer et à contribuer activement au profit des populations africaines.

Nous invitons tous les délégués et les acteurs de l’énergie communautaire du monde entier à se joindre à la 3ème Conférence mondiale sur l’Energie Communautaire 2020, dont le pays hôte sera annoncé au printemps 2019.

Bamako, le 8 novembre 2018

Signé par les représentants des trois organisations hôtes au nom de tous les participants

Dr Ibrahim Togola, Président, Mali-Folkecenter Nyetaa
Stefan Gsänger, secrétaire général, WWEA
Dr Tetsunari Iida, Directeur, ISEP Japon

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CDN = Contributions Nationales Determinées : Lisez ici.

Objectif de développement durable n°7 : « Garantir l’accès de tous à une énergie abordable, fiable, durable et moderne »

 

 

 

L’énergie aux Communautés – Une voix d’une conférence


L’expert espagnol de l’énergie, Hugo Lucas Porta, évoque une image positive mais prudente de l’avenir des énergies renouvelables et de l’énergie communautaire. Il souhaite que la deuxième Conférence mondiale sur l’énergie communautaire, qui se tiendra à Bamako ce jeudi, envoie des signaux clairs aux décideurs politiques sur la manière d’aller de l’avant au profit de l’énergie communautaire

« L’utilisation communautaire des énergies renouvelables n’est plus anecdotique », estime l’expert espagnol Hugo Lucas Porta, quelques jours avant sa participation à la grande conférence mondiale sur l’énergie communautaire qui se tiendra à Bamako à partir de ce jeudi 8 novembre.

Le passage d’unités centralisées traditionnelles à un contrôle localisé de la production et de la consommation d’énergie est maintenant tellement répandu que M. Lucas Porta appelle cette tendance «un mouvement».

Il donne un exemple: En Europe seulement, en 2016 «environ 3 000 coopératives d’énergie étaient en activité».

Ces unités «ont une capacité de production d’énergie combinée d’environ 1 250 MW et emploient 1 100 personnes. Leur chiffre d’affaires annuel est de 850 millions de dollars », explique M. Lucas Porta, qui se félicite du fait que ces systèmes d’énergie renouvelables sont de loin les moins chers.

Ajoutez à cela l’utilisation de ressources locales qui «augmentent la sécurité énergétique» et renforcent la résilience des communautés locales, tout en générant des «avantages socio-économiques». Il y a des raisons d’être optimiste.

Attentes

Il y a quelques années à peine, les projets communautaires n’étaient pas réalisables,

Lever de soleil à Madagascar

explique M. Lucas Porta. Ce n’est plus le cas. Le domaine du développement de l’énergie communautaire évolue rapidement maintenant. Cela apporte également de l’espoir pour l’Afrique.

«Le rôle accru de l’énergie communautaire en Europe et aux États-Unis » risque fort d’être dupliqué sur le continent africain, doté d’un potentiel énorme.

M. Lucas Porta a deux attentes principales pour la conférence de Bamako.

Il prévoit que la conférence «fournira des orientations claires aux décideurs politiques sur les meilleures pratiques pour soutenir l’énergie communautaire tout en renforçant la prise de conscience de cette formidable opportunité pour l’Afrique».

Il fonde son optimisme sur le fait que «produire de l’électricité à partir d’énergies renouvelables» est désormais si bon marché que «les services publics ne pourront pas gagner de l’argent avec les méthodes traditionnelles de production et de vente d’électricité. Ils devront fournir des services adaptés à chaque consommateur et à chaque communauté. Ceux-ci incluront la mobilité, le chauffage et le refroidissement».

Les municipalités et IKEA en mouvement

M. Lucas Porta est un expert du cabinet de conseil Factor et a constaté que de plus en plus de communautés locales «voient les opportunités de tirer des avantages de la transition» dans la manière dont l’énergie est produite et contrôlée.

Factor a récemment élaboré des stratégies sur les énergies renouvelables pour des collaborateurs aussi différents que les villes espagnoles et la grande société suédoise IKEA.

Pour une ville comme Sitges, au sud de Barcelone, il estime que la nouvelle stratégie permettra d’économiser jusqu’à 25% sur la consommation d’énergie tout en créant des emplois profitant à l’économie locale.

IKEA, avec ses 14 magasins en Espagne, vise à approvisionner à 100% en énergies renouvelables en 2020. Pour ce faire, Factor a suggéré que l’accent soit mis sur les panneaux solaires sur les toits, qui peuvent couvrir 24% de la consommation.

Le reste sera acheté dans le cadre d’accords d’achat d’électricité entre entreprises et de nouveaux projets d’énergie renouvelable, qui produiront à plus long terme de l’énergie selon leurs propres concepts de développement.

À partir de ce mois de novembre, IKEA fournit des installations de toit pour tous ses magasins en Espagne.  »

Panels Solaire en Carinena, Espagne

Changement politique en Espagne

En outre, dans son pays d’origine, l’Espagne, il a été témoin de certains développements positifs survenus dans le contexte de la résistance politique des gouvernements espagnols précédents:

Jusqu’à récemment, la propriété partagée d’installations renouvelables à des fins d’autoconsommation n’était pas autorisée en Espagne. Cela constituait un obstacle au passage de systèmes centralisés à un contrôle localisé de l’énergie.

En outre, l’Espagne appliquait des taux de compensation très élevés aux entreprises de distribution pour la non-utilisation de leurs réseaux (la taxe dite au soleil).

Mais le nouveau gouvernement espagnol a récemment modifié les lois afin de permettre désormais la propriété partagée des unités d’énergie.

C’est un « coup de pouce à l’énergie communautaire » en Espagne, a déclaré M. Lucas Porta.

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Lisez à propos de la taxe espagnole au soleil ici:

Court CV d’Hugo Lucas Porta

Depuis 2014 chef du département Energie du cabinet de conseil Factor

M. Lucas Porta est un expert en énergie titulaire d’un Master en ingénierie agronomique de l’Université polytechnique de Madrid (UPM).

Il a poursuivi des études de troisième cycle dans le secteur de l’énergie à l’Université polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) en Suisse.
Il est également professeur auxiliaire à la faculté d’études environnementales de l’Université de York au Canada.

Il a plus de 19 ans d’expérience dans la fourniture de conseils en matière de politique et de financement des énergies renouvelables à plus de 20 pays d’Asie, d’Afrique subsaharienne et d’Amérique du Sud.

Auparavant, M. Lucas Porta a été profondément impliqué dans la création de l’Agence Internationale de l’Energie Renouvelable (IRENA). Là-bas, il a dirigé et coordonné le Centre de la connaissance, des politiques et des finances de l’IRENA.

Entre 2003 et 2010, M. Porta a occupé divers postes à l’Agence espagnole pour les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique (IDAE).

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Pour la 2e Conférence mondiale sur l’énergie communautaire à Bamako, M. Lucas Porta a préparé une présentation intitulée: «Alimenter et autonomiser par le biais de projets d’énergie renouvelable pilotés par la collectivité».

Il donne le contexte de la présentation:

«Les projets d’énergies renouvelables pilotés par les communautés (CDREP) offrent une opportunité non réalisée de partager les bénéfices et d’améliorer les moyens de subsistance dans les pays en développement.

Alors que les CDREP sont en hausse dans de nombreux pays, notamment en Europe et en Amérique du Nord, de nombreuses barrières limitent encore ces initiatives.

Les principaux défis sont la réglementation et les programmes de soutien, le manque de financement et de mécanismes financiers, le manque de compétences locales, la conception sociale erronée des énergies renouvelables et l’objection sociale à des projets spécifiques.

Une nouvelle menace pèse sur le CDREP, à savoir l’utilisation croissante des enchères pour accorder un soutien financier à la production d’énergie renouvelable. Les enchères sont basées sur la concurrence alors que le CDRP est basé sur la collaboration. Les enchères bloquent donc le CDRP.

La présentation détaille les raisons pour lesquelles les enchères excluent le CDRP et formule des recommandations pour un « cadre politique juste, efficace et efficient destiné à promouvoir les énergies renouvelables ».

Photo en haut: Coopérative éolienne, Copenhague Danemark

A Voice to a Conference – Clear signals to policy makers are needed


Spanish energy expert Hugo Lucas Porta evokes a positive but cautious picture of the future for renewable energy and community power ahead of the large World Community Power Conference, starting in Bamako tomorrow, Thursday. He expects clear signals to decision makers will come out of the event

“Renewable energy community power is not anecdotal anymore” estimates the Spanish expert, Hugo Lucas Porta, a day before he shall participate in the large World Community Power Conference in Bamako, starting tomorrow Thursday.

The change from traditional centralized units to localised control of energy production and consumption is now so widespread that Mr. Lucas Porta calls the trend “a movement”.

He gives an example: Alone in Europe in 2016 “about 3,000 energy co-operatives were in operation”.

Middelgrunden Wind Cooperative, Offshore Copenhagen, Denmark

These units “have a combined energy generation capacity of some 1,250 MW and employ 1,100 people. Their annual turnover is USD 850 million” explains Mr. Lucas Porta and praises the fact that these renewable energy systems today are far the cheapest.

Add to that the use of local resources which “increases energy security” and enhances the resilience of local communities, while it generates “socio-economic benefits”. There are reasons to be optimistic.

Expectations

Only a few years ago community projects were not feasible, explains Mr. Lucas Porta. This is no longer the case. The field of community power development is moving fast now. This also brings hope for Africa.

“The increased role of community power in Europe and the United States” is most likely to be duplicated on the African continent with its enormous potential.

Mr. Lucas Porta has two major expectations for the Bamako conference.

He anticipates that the conference will “provide clear guidance to policy makers on best practices to support community power and at the same increase awareness on this tremendous opportunity for Africa”.

He bases this optimism on the fact that “making power from renewable energy” is now so cheap that “utilities will not be able to make money with the traditional methods of producing and selling electricity. They will have to provide services adapted to each consumer and community. These will include mobility, heating and cooling”.

Municipalities and IKEA on the move

Mr. Lucas Porta is an expert with the consulting firm, Factor, and has witnessed more and more local communities that “see the opportunities to the benefit for the transition” in the way energy is produced and controlled.

Factor recently drafted renewable energy strategies for so different collaborators as Spanish towns and the large Swedish company IKEA.

For a town like Sitges, south of Barcelona, he estimates that the new strategy will save up to 25 % on energy consumption and at the same time create jobs to the benefit of the local economy.

IKEA, with its 14 stores in Spain, aims at a 100% supply by renewable energy in 2020. To that end Factor has suggested that focus must be on solar panels on the roof tops which can cover 24% of the consumption.

The remainder will be procured through corporate power purchase agreements with new renewable energy projects, which in the longer term shall produce energy in their own developments concepts

As from this month of November IKEA provides rooftop installations for all its stores in Spain. »

Solar panels, Carinena, Spain

Political change in Spain

Also, in his home country, Spain, he has seen some positive developments that has come on the backdrop of political resistance from previous Spanish governments:

Until recently the shared ownership of renewable installations for self-consumption was not allowed in Spain. This was a hindrance for moving from centralized systems to localised control of energy.

In addition, Spain had very high compensation rates to distribution companies for the non-use of their networks (the so-called tax to the sun).

But the new Spanish government recently introduced modifications to the laws so that shared ownership of energy units is now allowed.

This is a “boost to community power” in Spain, says Mr. Lucas Porta.

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Read about the Spanish tax to the sun

Short CV for Hugo Lucas Porta

Since 2014 Head of the Energy Department at the consulting firm, Factor

Mr. Porta is an energy expert with a Master in Agronomy Engineering from the Polytechnic University of Madrid (UPM).

He pursued postgraduate studies in the energy sector at the Federal Polytechnic University of Lausanne (EPFL) in Switzerland.

He is also an Adjunct Professor at the Faculty for Environmental Studies of the York University in Canada.

He has over 19 years of experience in providing advice on renewable energy policy and finance to more than 20 countries in Asia, Sub Saharan Africa and South America.

Previously, Mr. Porta was deeply involved in the establishment of the International Renewable Energy Agency (IRENA). There, he directed and coordinated IRENA’s Knowledge, Policy and Finance Centre.

Between 2003 and 2010, Mr. Porta held various positions at the Spanish Renewable Energy and Energy Efficiency Agency (IDAE).

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For the 2nd World Community Power Conference in Bamako Mr. Porta has prepared a presentation entitled: “[Em]powering through community driving renewable energy projects”.

He gives the background for the presentation:

“Community-driven renewable energy projects (CDREP) offer an unrealised opportunity for shared benefits and for improving livelihoods in developing countries.

While CDREP are on the rise in many countries – particularly in Europe and North America – numerous barriers still limit these initiatives.

The main challenges include regulations and support schemes, lack of finance and finance mechanisms, lack of local skills, social misconception of renewables, and social objection to specific projects.

There is a new threat to CDREP, namely the increasing use of auction to award financial support to renewable energy generation. Auction are based on competition whereas CDRP are based on collaboration. Auction therefore locks out CDRP.

The presentation details the reasons why auctions exclude CDRP and provides recommendation for a fair, effective and efficient policy framework to promote renewables”.

Top picture: Sunrise over Madagascar

 

 

Des voix d’une conférence – Dr Osman Benchikh partage ses réflexions sur l’énergie communautaire avant la grande conférence mondiale à Bamako


« J’espère et je crois que la conférence de Bamako contribuera à relier les programmes », déclare le Dr Osman Benchikh avant la conférence mondiale sur l’énergie communautaire qui se tiendra à l’hôtel L’Amitié à Bamako ce jeudi 8 novembre.

Par «programmes», Dr Benchikh fait référence aux initiatives internationales visant à réduire la pauvreté de manière durable, à savoir les objectifs de développement durable (également appelés «Agenda 2030») et l’initiative «Énergie durable pour tous» (SEforALL) lancée en 2011 par l’ancien  Secrétaire Général de l’ONU, Ban Ki-moon.

Éclairage solaire d’une école au Bénin

En reliant ces deux éléments, il devrait être possible d’améliorer «la capacité de répondre aux besoins énergétiques fondamentaux de tous les citoyens», a déclaré le Dr Benchikh.

Il souligne que la situation actuelle est critique:

«Plus de 1,3 milliard de personnes dans le monde n’ont toujours pas d’électricité et plus de 95% d’entre elles se trouvent en Afrique ou en Asie. Environ 85% des personnes sans électricité vivent dans des zones urbaines et rurales périphériques », affirme le Dr Benchikh, avant d’ajouter à ce tableau lugubre que:

«En Afrique subsaharienne, environ 70% de la population n’a pas accès à l’électricité et ce chiffre peut atteindre 80% dans les zones rurales. Les ménages peuvent dépenser jusqu’à 30% de leur revenu disponible en éclairage à base de combustible, et les femmes consacrent au moins le quart de leur temps de travail total à la collecte de bois ».

Changement de paradigme

Selon Dr Benchikh, la voie à suivre consiste à «consacrer plus d’efforts à la mise au point et à l’utilisation de sources d’énergie renouvelables et écologiquement rationnelles comme  alternatives viables aux méthodes classiques de production d’énergie».

En résumé: un changement de paradigme des systèmes énergétiques centralisés, polluants et peu sûrs  qui existent aujourd’hui, aux installations énergétiques localisées plus propres et plus sûres, au profit de tous.

Dr Benchikh: «Nous sommes à la croisée des chemins où il est essentiel de promouvoir une approche globale de l’accès à l’énergie abordable et durable».

Ce qu’il faut, c’est «renforcer les capacités nationales pour exploiter les énergies renouvelables localement disponibles» et, parallèlement, «identifier les choix énergétiques et les technologies pertinents». 

Du Bénin à Madagascar

Dr Benchikh donne des exemples concrets de la situation énergétique catastrophique des populations de quatre pays africains.

Les exemples illustrent les défis auxquels sont confrontés la communauté internationale – et donc la conférence de Bamako.

Bénin:

L’approvisionnement en énergie du Bénin est caractérisé par une faible diversité. Le bois de chauffe représente 59,4% de la consommation totale d’énergie du pays, contre 38,4% pour les produits pétroliers.

De plus, seulement 57% de la population a accès à une source d’énergie. Ce taux est

Irrigation solaire © Osman Benchikh

considérablement plus bas dans les zones rurales où seulement 9% de la population a accès.

Environ 67% de la population n’a toujours pas accès à l’électricité.

Togo:

L’accès à l’électricité au Togo est estimé à environ 27,6%. La biomasse reste la principale source d’énergie et représente 71% de l’énergie totale consommée, contre environ 3% pour l’électricité.

De plus, il existe un écart important entre les zones rurales et urbaines en termes d’accès à l’électricité. Ainsi; seuls 6% de la population rurale bénéficient des services d’électricité, alors que ce taux est estimé à 35% pour les zones urbaines.

Niger:

La biomasse traditionnelle représente 87% de l’énergie consommée par les ménages nigériens.

Au Niger, environ 10% seulement de la population a accès aux services d’électricité. Dans les zones rurales, ce n’est que 0,5%.

Pour remédier au déficit énergétique, les autorités nigériennes se sont fixées comme objectif d’atteindre un taux d’électrification de 65% d’ici 2030.

Les potentiels en énergies renouvelables, notamment l’énergie solaire et l’énergie éolienne, constituent une option rentable majeure qui contribuerait à améliorer la sécurité de l’électricité et de l’énergie.

Madagascar:

Madagascar dépend des combustibles importés pour la production de son électricité. Environ 15% seulement de la population a accès à une source d’énergie. Pour les populations rurales, le taux est de 4%, contre 37% dans les zones urbaines.

Actuellement, les énergies renouvelables ne représentent que 5% du bouquet énergétique. Cependant, d’ici 2030, le taux d’énergies renouvelables dans le bouquet énergétique devrait augmenter jusqu’à 28,8%.

C’est un objectif que Madagascar devrait pouvoir atteindre compte tenu de l’important potentiel en énergies renouvelables disponible dans le pays.

Bref CV du Dr Osman Benchikh

Dr Benchikh est un Expert du Watch Group sur l’énergie et Membre du Conseil d’Administration du Centre international de l’UNESCO pour le développement de l’énergie durable.

Il est Membre du Comité consultatif international de la 2e Conférence mondiale sur l’énergie de la Communauté, WCPC2018 (à Bamako) et ancien membre et représentant de l’UNESCO à UN-Energy.

Auparavant, Dr Benchikh a travaillé en tant que:

Commissaire de l’UNESCO à Astana Expo 2017

Secrétaire général de l’UNESCO «Programme international des sciences fondamentales» (PISF)

Secrétaire général du «Conseil solaire méditerranéen»

Membre du «Mediterranean Solar Council »; Président de la «Commission Education et Formation du Conseil Solaire Européen» (Club de Paris des Energies Renouvelables)

Président de la «Commission des énergies renouvelables de l’Académie française des ingénieurs»

Membre du «Comité permanent arabe sur les sources d’énergie renouvelables»

Membre du «GEMFOR» (Groupe d’étude international sur les méthodes d’éducation)

Membre du « Conseil consultatif international du Congrès mondial des technologies des énergies renouvelables »

Dr Benchikh est également ancien chef du Programme énergétique de l’UNESCO et chef du «Renforcement des capacités en sciences et en génie». Il y a lancé plusieurs initiatives conceptuelles visant à utiliser les énergies renouvelables pour répondre aux besoins énergétiques.

En promouvant les sources d’énergie renouvelables au niveau mondial, Dr Benchikh a contribué à la conception et à la mise en œuvre du «Programme solaire mondial – WSP» lancé comme cadre des Nations Unies pour la coopération internationale dans le domaine des énergies renouvelables et a également lancé plusieurs «Conseils solaires régionaux de haut niveau» comme cadres de coopération internationale et régionale.

Il a également conceptualisé et supervisé la mise en œuvre du «Programme mondial d’éducation et de formation sur les énergies renouvelables» (programme GREET) lancé en tant que cadre des Nations Unies pour le renforcement des capacités humaines et institutionnelles.

Dr Benchikh a organisé une série «d’écoles d’été annuelles de l’UNESCO sur les énergies renouvelables» organisées chaque année dans les différentes régions du monde.

Il est l’auteur de plusieurs publications sur l’énergie et de matériels d’apprentissage / d’enseignement.

Prix ​​professionnels

– Prix d’excellence pour «l’engagement et l’excellence en matière de professionnalisme» décerné par la «Energy and Environment Foundation» (avril 2011, New Delhi, Inde).

– Prix d’Honneur de « coopération exceptionnelle » au cours des deux dernières décennies reçu du World Renewable Energy Network (sept. 2010, Abou Dhabi

Voir les objectifs de développement durable ici:

Lisez à propos de l’initiative Énergie durable pour tous ici:

Photo du haut: Dr Osman Benchikh. Toutes les images fournies par Dr Benchick

Voices to a Conference – Dr. Osman Benchikh shares his thoughts ahead of the large World Community Power Conference in Bamako


I hope and believe that the conference in Bamako will help linking the Agendas” says Dr. Osman Benchikh ahead of the World Community Power Conference starting in Bamako’s Hotel L’Amitiés this Thursday, 8th November.

With the “Agendas” Dr. Benchikh refers to international initiatives aimed at reducing poverty in a sustainable manner, namely the Sustainable Development Goals (also called “Agenda 2030) and the“Sustainable Energy for All” initiative (SEforALL) launched by then UN Secretary General Ban Ki-moon in 2011.

Dr. Osman Benchikh

By linking those two it should be possible to enhance the “capacity to meet the basic energy needs of all citizens”, says Dr. Benchikh.

He emphasizes that the situation today is critical:

“Globally over 1.3 billion people still remain without electricity and more than 95% of them are either in Africa or Asia. Some 85% (of people without electricity, ed) live in peripheral urban and rural areas”, says Dr. Benchikh and adds to this gloomy picture:

“In Sub-Saharan Africa, approximately 70% of the population does not have access to electricity and this figure rises up to 80% for the rural areas. Households may spend as much as 30% of their disposable income on fuel-based lighting, and women devote at least a quarter of total household labour time on wood collection”.

Change of paradigm

The way forward, according to Dr. Benchikh, is “to expend more effort on the development and use of renewable and environmentally sound sources of energy as a viable complementary alternative to the conventional methods of energy generation”.

In shorthand: a change of paradigm from today’s centralized, polluting and insecure energy systems to localized cleaner and safer energy installations to the benefit for all.

Dr. Benchikh: “We stand at a crossroads where it is vital to promote a comprehensive, holistic approach to affordable and sustainable energy access”.

What is required is “enhanced national capacities to harness the locally available renewable energies” and at the same time to “identify relevant energy choices and technologies”.

From Benin to Madagascar

Dr. Benchikh gives concrete examples of the dire energy situation for the populations in four African countries.

The examples go to show what sort of challenges the international community – and thus the conference in Bamako – faces:

Benin:

Benin’s energy supply is characterized by low diversity. Wood energy represents 59,4% of the total final consumption of energy in the country, compared to 38,4% for oil products.

Moreover, only 57% of the population has access to an energy source. This rate is

Solar Irrigation

considerably lower in the rural areas where only 9% of the population has access.

Around 67% of the population still does not have access to electricity.

Togo :

The electricity access in Togo is estimated at about 27,6%. Biomass is still the main energy source and represents 71% of total energy consumed, while electricity represents approximately 3%.

Moreover, there is an important gap between rural and urban areas in terms of electricity access. Thus; only 6% of the rural population benefits from electricity services while this rate is estimated at 35% for urban areas.

Niger:

The traditional biomass energy represents 87% of the energy consumed by the Nigerien households.

In Niger, around 10% only of the population has access to electricity services.  In rural areas it is only 0.5%.

To address the energy deficiency, Nigerien authorities have set the objective of reaching an electrification rate of 65% by 2030.

The renewable energy potentials, particularly solar energy and wind energy constitute a major cost-effective option which would help improve the electricity and energy security.

Madagascar :

Madagascar depends on imported fuel for the production of its electricity. Approximately 15% only of the population has access to an energy source. For rural populations the rate is 4%, compared to 37% in urban areas.

Currently, renewable energies represent only 5% in the energy mix. However, by 2030 the rate of renewable energies in the energy mix should increase up to 28,8%.

This is an objective that Madagascar should be able to reach in view of the important renewable energy potential that is available in the country.

Short CV for Dr. Osman Benchikh

Dr Benchikh is an Expert at Energy Watch Group and a Member of the Governing Board of UNESCO International Sustainable Energy Development Center.

He is a Member of the International Advisory Committee of the 2nd World Community Power Conference WCPC2018 (in Bamako) and former member and UNESCO Representative at UN-Energy

Previously Mr. Benchikh has acted as:

UNESCO Commissioner at Astana Expo 2017

Secretary General of UNESCO “International Basic Science Programme” (IBSP)

Secretary General of the “Mediterranean Solar Council

Member of the “European Solar Council”; Chairman of the “European Solar Council Commission on Education and Training” (Club de Paris des Energies Renouvelables)

Chairman of the “Renewable Energy Commission of the French Academy of Engineers

Member of the “Arab Permanent Committee on Renewable Energy sources

Member of “GEMFOR” (International Study Group on Education Methods)

Member of the “International Advisory Council of the World Renewable Energy Technology Congress

Dr. Benchikh is also former Head of UNESCO Energy Programme and Chief of “Capacity Building in Science and Engineering” in which capacity he launched several conceptual initiatives addressing renewable energy for meeting energy needs.

In promoting renewable energy sources at global level, Dr. Benchikh contributed to the conceptual design and implementation of the “World Solar Programme – WSP” launched as a UN framework for international cooperation in renewable energy and furthermore launched several “High Level Regional Solar Councils” as frameworks for international and regional cooperation.

He also conceptualised and supervised the implementation of the “Global Renewable Energy Education and Training Programme” (GREET Programme) launched as a UN framework for building human and institutional capacities.

Dr Benchikh organised a series of UNESCO’s “annual summer schools on renewable energy” held annually in the different world regions.

He is the author of several energy related publications and Learning/teaching materials.

Professional Awards

  • Excellence award for “professionalism commitment and excellence” received from the “Energy and Environment Foundation” (April 2011, New Delhi, India).
  • Honoring award for outstanding cooperation during the last two decades received from the World Renewable Energy Network (Sept. 2010, Abu Dhabi)

See the Sustainable Development Goals here:

Read about the Sustainable Energy for All initiative here

Top picture: Solar lighting in school in Benin. All pictures courtesy of Dr. Osman Benchikh

 

L’énergie aux communautés – Des voix d’une conférence


La 2ème Conférence mondiale sur l’énergie communautaire démarre dans une semaine à Bamako – Mali Folkecenter Nyetaa a demandé aux participants de partager leurs attentes. Le premier à le faire est M. Gustavo Richmond-Navarro, ingénieur en mécanique du Costa Rica, avec les commentaires de son collègue, M. Rolando Madriz-Vargas, ingénieur civil du Costa Rica.

«À l’échelle mondiale, les experts en accès d’énergie accordent plus d’attention aux projets énergétiques communautaires: les projets pilotes menés avec succès par des communautés en Amérique latine et en Asie du Sud. Ces projets peuvent être reproduits en Afrique subsaharienne ».

L’ingénieur en mécanique Gustavo Richmond et son collègue ont transmis ce message plein d’espoir à la deuxième conférence mondiale sur l’énergie communautaire qui se déroulera pendant trois jours à partir du 8 novembre à l’hôtel L’Amitié de Bamako.

Un des principes que M. Richmond du Costa Rica défendra est que le monde « a besoin de davantage de transfert de connaissances entre régions en développement et de renforcement des capacités » pour atteindre un niveau permettant aux communautés locales de contrôler leur propre énergie.

Mais de tels efforts nécessitent un soutien simultané des institutions internationales et des bailleurs de fonds.

Dans le processus, il est important d’éviter les «approches de haut en bas». Au lieu de cela, «les dirigeants locaux devraient avoir l’initiative en fonction des besoins et des attentes réels», a déclaré M. Richmond.

Actuellement, l’ingénieur costaricien travaille sur un projet de recherche visant à développer une éolienne pouvant être exploitée par des populations rurales. Une partie du projet consiste à impliquer les groupes de bénéficiaires dans l’installation et la maintenance du système.

La déclaration de M. Richmond et son projet reflètent l’idée qui sous-tend le concept d’Energie Communautaire, à savoir que les communautés locales prennent en charge les ressources énergétiques et leur utilisation.

L’énergie et l’électricité ne devraient pas être contrôlées par les grandes entreprises ou organisations centralisées comme cela l’est aujourd’hui.

Le cas du Costa Rica

Richmond apporte avec lui des preuves de bons résultats dans son pays d’origine, dont il peut légitimement être fier:

En 2017, le Costa Rica a battu son propre record de 2015 et a fourni de l’électricité à l’ensemble du pays pendant plus de 300 jours, en utilisant presque exclusivement des énergies renouvelables.

99% de l’électricité du Costa Rica provenait – et provient – de cinq sources renouvelables: l’énergie hydraulique (78%), l’énergie éolienne (10%), l’énergie géothermique (10%), la biomasse et l’énergie solaire (1%).

Richmond: «Aujourd’hui, l’électrification rurale (au Costa Rica, éd.) est faite à presque 100% du niveau des pays, et les communautés rurales ont joué un rôle central dans cette réussite, notamment en combinant une extension du réseau, de petites centrales hydroélectriques décentralisées et de l’énergie solaire ».

Eoliennes à Tierras Morenas lac Arenal, Costa Rica

Opportunités en Afrique

Mais les deux chercheurs, Richmond et Madriz-Vargaz, sont conscients que les bons résultats de leur pays d’origine ne peuvent être comparés à ceux de l’Afrique.

« L’Afrique est à la traîne en matière d’accès à l’électricité par rapport au reste du monde, en particulier pour les communautés éloignées et isolées », ont déclaré les chercheurs.

Mais: «Il existe des opportunités en Afrique d’atteinte de niveaux plus élevés d’accès à l’énergie et à l’électricité au niveau communautaire, si nous utilisons, par exemple, des technologies éoliennes et solaires à petite échelle».

Richmond souligne l’abondance des ressources naturelles en Afrique qui pourraient être exploitées, mais avertit que le développement est urgent, avec «la demande croissante d’énergie au niveau de la maison».

En résumé: La croissance démographique et la croissance de la classe moyenne ont besoin de plus en plus d’énergie.

L’idée de M. Richmond concernant un modèle mondial d’énergie communautaire durable consiste à se concentrer sur «un ensemble de modèles d’opérateurs hybrides». Pour l’Afrique, les «mini-réseaux» pourraient être utiles car ils «sont plus susceptibles d’améliorer les moyens de subsistance en milieu rural».

À cette fin, «les activistes communautaires, les ONG locales et les chercheurs doivent jouer un rôle crucial dans la conception et l’exécution pratique de projets en collaboration avec les populations locales.

Cette méthode est un facteur important pour que les projets énergétiques communautaires réussissent pour les plus pauvres des pays en développement, y compris du Costa Rica, précisent les deux chercheurs, M. Richmond et le Dr. Madriz-Vargas.

Gustavo Richmond Navarro

Bref CV de Gustavo Richmond-Navarro, Costa Rica:

Diplôme de maîtrise en génie mécanique de Universidad de Chile, Santiago au Chili, en 2014. M. Navarro poursuit actuellement des études de doctorat à Universidad de Costa Rica, San José au Costa Rica. Il est professeur associé à l’Instituto Tecnológico de Costa Rica, Cartago au Costa Rica. Ses recherches portent sur l’énergie éolienne à petite échelle, l’énergie plasmatique, les méthodes numériques et la simulation CFD.

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Découvrez les développements positifs au Costa Rica (en anglais) ici:

L’énergie hydraulique ou l’énergie hydraulique est l’énergie provenant de l’eau qui tombe ou de l’eau qui coule rapidement.

L’énergie géothermique est «l’énergie thermique» générée et stockée dans la Terre. Voir ici

La biomasse (de Wikipedia) “est un terme utilisé dans l’industrie pour obtenir de l’énergie en brûlant du bois, et autre matière organique. La combustion de biomasse libère des émissions de carbone mais a été classée comme source d’énergie renouvelable dans les cadres juridiques de l’UE et des Nations unies, car les stocks de centrales peuvent être remplacés par une nouvelle croissance »

Un mini-réseau (de Energypedia.info), également appelé parfois «micro-réseau ou réseau isolé», peut être défini comme un ensemble de générateurs d’électricité et de systèmes de stockage d’énergie interconnectés à un réseau de distribution fournissant de l’électricité à un groupe de clients localisé.

CFD (de Wikipedia): «La dynamique numérique des fluides (CFD) est une branche de la mécanique des fluides qui utilise l’analyse numérique et les structures de données pour résoudre et analyser des problèmes impliquant des écoulements de fluide. Elle est utilisée pour effectuer les calculs nécessaires à la simulation l’interaction des liquides et des gaz avec des surfaces définies par des conditions limites « .

En savoir plus sur le Costa Rica ici:

Photo en haut: Le volcan Rincon de la Vieja, au Costa Rica, alimente la centrale géothermique de Las Pailas à partir de 2013

Power to the Communities – Voices to a Conference


Power to the Communities – Voices to a Conference

The 2nd World Community Power Conference takes off in little less than two weeks in Bamako – Mali Folkecenter Nyetaa asked participants to share their expectations. The first one to do so is Mr. Gustavo Richmond-Navarro, Mechanical Engineer from Costa Rica with input from his colleague, Dr. Rolando Madriz-Vargas, Costa Rican Civil Engineer 

“On a global scale, community energy projects get more attention by energy access experts because of successful community-led pilot projects in Latin America and South Asia. These projects can be replicated in sub-Saharan Africa”.

Mechanical engineer Gustavo Richmond and colleague send this hopeful message to the 2nd World Community Power Conference that runs for three days as from 8 November in Bamako’s Hotel L’Amitié.

One tenet that Mr. Richmond of Costa Rica will express to the conference is that the world “needs more knowledge transfer between developing regions as well as capacity building” to reach a level where local communities control their own energy.

But such efforts need simultaneous support from international institutions and donor agencies.

In the process it is important to avoid “top-to-bottom approaches”. Instead “local leaders should have the initiative according to real needs and expectations”, says Mr. Richmond.

Currently the Costa Rican engineer is working on a research project to develop a wind turbine that can be run by rural populations. Part of the project is to engage beneficiary groups in the installation and maintenance of the system.

Mr. Richmond’s statement and his project reflect the idea behind the concept of Community Power, namely that local communities take charge of energy resources and the use of them.

Energy and power should not be controlled by large centralized companies or organisations to the extent it is today.

The Costa Rican case

Mr. Richmond brings with him evidence of good results from his home country which he can rightly be proud of:

In 2017 Costa Rica broke its own record from 2015 and provided electricity for the whole nation for more than 300 days, almost exclusively using renewable energy.

99 per cent of Costa Rica’s electricity came – and comes – from five renewable sources: hydropower (78%), wind (10%), geothermal energy (10%), biomass and solar (1%).

Mr.  Richmond: “Today, rural electrification (in Costa Rica, ed.) is almost 100% at country level, and rural communities have played a pivotal role in this achievement, in particular by using a mix of grid extension, small decentralized hydro power plants as well as solar energy”.

Rincon de la Vieja Volcano, Costa Rica supplies the Las Pailas Geothermal Power Plant as from 2013

Opportunities in Africa

But the two researchers, Richmond and Madriz-Vargaz are aware that the good results of their home country do not compare with Africa.

“Africa is lagging behind on electricity access in comparison with the rest of the world, in particular for remote and isolated communities”, say the researchers.

But: “There are opportunities in Africa to achieve higher levels of energy and electricity access at community level, if we, for instance, use small scale solar wind technologies”.

Mr. Richmond points to the abundance of natural resources in Africa that could be brought to use, but warns that development is urgent, with “the increasing demand for energy at house level”.

In shorthand: The growing populations and the growing middle classes need increasing volumes of energy.

Mr. Richmond’s idea for a global sustainable community power model is to focus on “a collective of hybrid operator models”. For Africa, “mini-grids” could be useful as they “are more likely to improve rural livelihoods”.

To this end “community activists, local NGOs and researchers must play a crucial role for project design and hands-on execution together with local populations.

This method is an important factor if community power projects shall be successful for the poorest in developing countries, including in Costa Rica, state the two researchers, Mr. Richmond and Dr. Madriz-Vargas.

Gustavo Richmond Navarro

Short CV for Gustavo Richmond-Navarro, Costa Rica:

M.Sc. degree in mechanical engineering from the Universidad de Chile, Santiago, Chile, 2014. Mr. Navarro is currently pursuing a Ph.D. degree with the Universidad de Costa Rica, San José, Costa Rica. He is Associate Professor with the Instituto Tecnológico de Costa Rica, Cartago, Costa Rica. His research interests include small scale wind energy, plasma energy, numerical methods, and CFD simulation.———-

Read about the positive developments in Costa Rica here:

Hydropower or water power is power from energy of falling water or fast running water.

Geothermal energy is “thermal energy” generated and stored in the Earth. See: https://en.wikipedia.org/wiki/Thermal_energy

Biomass (from Wikipedia) “is an industry term for getting energy by burning wood, and other organic matter. Burning biomass releases carbon emissions but has been classed as a renewable energy source in the EU and UN legal frameworks, because plant stocks can be replaced with new growth”.

mini grid (from Energypedia.info) also sometimes referred to as a « microgrid or isolated grid« , can be defined as a set of electricity generators and energy storage systems interconnected to a distribution network that supplies electricity to a localized group of customers.

CFD (from Wikipedia) : “Computational fluid dynamics (CFD) is a branch of fluid mechanics that uses numerical analysis and data structures to solve and analyse problems that involve fluid flows are used to perform the calculations required to simulate the interaction of liquids and gases with surfaces defined by boundary conditions”.

Read more about Costa Rica here: https://en.wikipedia.org/wiki/Costa_Rica

Top picture: Wind mills at Tierra Morneas Lac Arenal, Costa Rica