Célébration du 8 mars : Les coopératives féminines, des pôles de développement économique et social


Les femmes rurales sont au cœur de toutes les actions de Mali-Folkecenter Nyetaa. C’est d’ailleurs dans ce cadre que chaque année, qu’il célèbre cette journée avec l’ensemble des femmes leaders de ses différentes zones d’intervention. Cette année, la célébration a eu lieu dans la commune rurale de Finkolo-Ganadougou, dans la région de Sikasso.

Cette manifestation organisée par les femmes de Finkolo-Ganadougou avec l’accompagnement de MFC, a drainé une foule immense. Les femmes, les hommes, les enfants, les autorités locales, les ONG et les entreprises œuvrant dans la localité étaient tous présents.

L’ambiance était bon enfant et la fête se lisait sur tous les visages des femmes, puisse que ce sont elles dont il s’agit. Elles sont venues de toutes les coopératives de femmes que MFC appuie et accompagne dans les cercles de Bougouni, Yanfolila, Sikasso et Kati (zones de Sorona, Kodiougou, Foulalaba, Sirimana, Garalo, Koumantou, Koussan, Jigiya de Koloni, Madina Diassa, Yanfolila, Sanankoroba).  Cet événement riche en couleurs a d’abord commencé par les mots de bienvenue du chef de village et du maire adjoint de la commune, le sous-préfet Henry Yafa Diarra s’est exprimé sur la symbolique de fête et la place que les femmes rurales jouent dans leur communauté.« La femme est au début et à la fin de tout ce qui nous faisons. Elle est au cœur du développement », résume-t-il. Selon lui, c’est ce qui explique le thème de l’année qui est « Autonomisation des femmes et des filles à travers l’engagement de tous contre les violences basées sur le genre ».

Pour la présidente de la Coopérative des femmes productrices de riz de Finkolo-Ganadougou, Bintou Diarra, cette tribune est l’occasion d’encourager les femmes qui mènent des activités génératrices de revenus. « L’ONG Mali-Folkecenter nous accompagne dans tous les secteurs d’activités du maraîchage en passant par la transformation, ou encore la commercialisation. MFC est présent à nos côtés », se réjouit-elle, avant d’ajouter que cela a permis à toutes les femmes d’abandonner la coupe du bois

MFC est dans cette dynamique depuis près de 20 ans. « Nous avons regroupé toutes les coopératives de femmes à Finkolo-Ganadougou pour qu’elles se connaissent et partagent les expériences », dixit le Directeur Exécutif de MFC Ousmane Ouattara. Selon lui, cette initiative récompense également les femmes et hommes qui ont œuvré pour l’autonomisation de la femme. C’est dans ce cadre qu’une dizaine de femmes et d’hommes ont eu des Ciwara et des diplômes de reconnaissances pour leurs engagements. Après les discours et la remise des prix de reconnaissance, l’évènement a été animé par la cantatrice de la localité, Mamou Sidibé.  

Plus de lumière solaire au Mali à travers les solutions décentralisées


A Bamako, la population se plaint des délestages réguliers qui commencent à se multiplier pendant cette période de l’année. Cependant, dans les zones rurales du Mali, la plupart des communautés vivent en permanence sans électricité. Environ 80% des zones rurales ne sont toujours pas électrifiées.

Depuis 20 ans déjà, le Mali-Folkecenter Nyetaa s’efforce de trouver des solutions à l’approvisionnement en énergie durable et décentralisée grâce au travail politique, au lobbying et au plaidoyer et à des actions ciblées sur le terrain. Dans notre approche, le MFC, place l’individu au centre de ses interventions. Ainsi, le MFC s’est associé au Danske Commodities à travers Nordic Folkecenter de Danemark pour mener la campagne « Light Over Mali – Plus de Lumière au Mali ».  Cette campagne est menée par le fonds dédié à la Responsabilité Sociétale et Environnementale (RSE) du Danske Commodities.

Pendant 3 ans, 15 villages du Mali seront soutenus en fournissant des systèmes solaires photovoltaïques aux écoles, centres de santé et places publiques. La campagne va doter une centaine d’écoliers, en majorité des filles, en kits solaires. L’objectif est d’augmenter la sécurité dans les villages, de favoriser l’éducation des enfants et de rendre  la population de ces localités moins dépendantes de l’éclairage traditionnel (les lampes à pétrole, les torches à piles, ….).

En 2018 les communes rurales de Bougoula (Koulikoro), Finkolo Ganadougou (Sikasso) et Bancoumana (Mandé) ont bénéficié du projet. En quelques chiffres : 8 salles de classe et 2 centres de sante  éclairés ; 150 kits solaires distribués ; 3 places publiques éclairées. Cela nous réjouis de voir le sourire illuminer le visage de chaque enfant, chaque femme, bénéficiant de notre intervention.

Le Périmètre Maraîcher Bio de Koursalé Koura: une source d’épanouissement et de cohésion pour les femmes


Les femmes de Koursalé Koura, une localité située dans le Mandé à une quarantaine de kilomètres de Bamako, ont bénéficié d’un projet de maraichage bio à travers le programme PIL-ADCC coordonne par Mali-Folkecenter Nyetaa. Ce projet, mise en œuvre par l’ONG Woiyo Kondeye a réalisé un périmètre maraicher d’un hectare. Il a permis à ces femmes de la zone, de maitriser la fabrication d’engrais organique, des bio pesticides, la transformation des récoltes ou encore comment lutter contre le changement climatique.

Des tubercules, des légumes, notamment, de l’oignon, de la tomate, du piment, de la carotte, de la salade et des arbres comme le Moringa, le Henné et l’Eucalyptus plantés tout autour du jardin d’un hectare de Koursalé Koura. Voilà un bel exemple de lutte contre la dégradation environnementale et une bonne stratégie de développement local. Pour Mme Keita Salimata Keita, bénéficiaire de la formation : «Grâce aux formations reçues, nous avons eu des notions sur le changement climatique… Nous, qui avons suivi ces formations, sommes devenues des superviseuses dans notre communauté. Nous conseillons toutes les autres femmes qui n’ont pas eu la chance de bénéficier des formations, à adopter des bons comportements face à l’environnement ».

Ce programme qui concernait 25 femmes au départ est élargi à 153 femmes, compte tenu de son importance et de sa bonne réussite. La porte-parole des femmes de la localité, Filifin Dabo, explique : « Au départ, nous étions 25 femmes, mais avec l’engouement que l’activité a eu au près des femmes, nous sommes actuellement à 153 ».

Initiation des femmes à la fabrication d’engrais organique et des bio- pesticides

Grace aux différentes formations reçues au cours de ce projet, les femmes du village de Koursalé, ont bien maitrisé le processus de fabrication d’engrais organiques, leur porte-parole, Filifin Dabo donne les détails : « Nous avons d’abord reçu 6 jours de formation théorique avant de passer à la pratique. On a creusé ce puits, ensuite on l’a rempli de cendre. On l’a arrosé et ajouté de la fiente de poule et de l’herbe et encore bien arrosé avant d’y ajouter des excréments d’ânes et de bœufs. On a bien damé le puits rempli. Et pendant plus d’un mois, on a arrosé le puits chaque deux jours. Après cela, on a trouvé que tout ce qu’on avait mis dedans c’est devenu comme du charbon. C’est ce produit final que nous utilisons comme engrais. »

Quant aux bio pesticides, Issa Doumbia, délégué du chef de village auprès des femmes explique, la chaine opératoire : « Dans cette barrique, nous fabriquons de l’insecticides bio à partir des éléments traditionnels qu’on trouve ici dans le village. Les produits avec lesquels nous faisons ce produit sont entre autres : l’écorce de caïlcédrat, la poudre de neem, la poudre de piment et du savon. On fait bouillir l’ensemble de ces produits, en suite on met le liquide sur les plantes. Ce bio pesticide est très efficace ».

En plus de ses avantages, ce projet fructueux a permis aux braves femmes de Koursalé de mettre en place un mécanisme de cotisation et de stockage des récoltes issues de ce projet de maraichage, avec la construction de deux magasins et le recrutement de deux gardiens. « Nos récoltes sont destinées aussi bien pour notre propre consommation que pour la vente. Avec seulement la vente de la feuille d’épinard et de la salade, nous avons pu collecter 60000 francs pour la caisse d’épargne du périmètre », s’est-exclamée Doussouba Sidibé.

Le programme PIL ADCC est financé par l’Ambassade de la Suède et coordonné par Mali-Folkecenter Nyetaa. Le programme finance 25 projets de renforcement de la résilience climatique des communautés, mises en œuvre par les ONGs membres de RESO Climat Mali durant les années 2017-2019.