Budget : 3.1 Milliard FCFA
Durée du projet : Juillet 2015 –Décembre 2021
Pays/Région : Mali/Bougouni, Yanfolila dans la région de Sikasso
Rôle et mandat
Face à une forte pauvreté rurale, une dégradation environnementale (perte de 7% du couvert forestier entre 1990 et 2000) et
une faible résilience climatique, le projet est nécessaire pour transformer l’économie de subsistance en une économie verte et
durable. Alignée sur le CREDD et les ODD, il transforme l’exploitation des ressources naturelles en une véritable économie verte.
Le rôle central du projet, porté par l’expertise de Mali-Folkecenter, est d’agir comme un levier de professionnalisation en
déployant les CASE (Centres d’Accès aux Services Économiques). Ces centres jouent un rôle clé en facilitant l’accès des
producteurs à l’énergie, à la formation professionnelle et à des services essentiels au développement d’activités génératrices de
revenus.
Le changement global apporté par cette intervention est une mutation profonde du modèle de développement : on passe d’une
survie dépendante du climat à une résilience organisée. En sécurisant l’accès des femmes aux facteurs de production et en
orientant la jeunesse vers des métiers porteurs, le projet ancre durablement la croissance économique dans le respect de
l’environnement, transformant ainsi des zones vulnérables en pôles de richesse locale autonomes.
Objectifs clés
L’objectif globale est de contribution à la préservation et la reconstitution de la biodiversité́ au Mali à travers la cogestion
durable des ressources forestières naturelles
Résultats obtenus
La zone d’intervention était marquée par une économie de survie. Les populations, faute d’alternatives, exerçaient une pression
destructive sur la forêt (coupe de bois, charbon de bois) pour obtenir des revenus minimes. L’agriculture souffrait de faibles
rendements, les femmes n’avaient quasiment aucun accès sécurisé à la terre, et les filières locales comme le karité n’étaient
pas structurées, laissant les productrices à la merci de prix bas et de techniques de transformation pénibles et peu hygiéniques.
Après le projet, un véritable changement de paradigme s’est opéré : la forêt est devenue un levier de richesse durable plutôt
qu’une réserve de bois. Grâce à la professionnalisation, le prix de l’amande de karité a presque doublé et les revenus des
ménages ont grimpé de 30 %. Sur le plan agricole, l’accès aux semences améliorées a permis d’augmenter les rendements
céréaliers de près de 30 %, sécurisant ainsi l’alimentation des familles.
Socialement, le projet a brisé des barrières historiques : 25 hectares de terres ont été définitivement sécurisés au profit des
femmes, et les anciens centres de formation sont devenus des C.A.S.E (Centres d’Accès aux Services Économiques) officiellement
reconnus par l’État. Aujourd’hui, les communautés ne sont plus dépendantes de l’aide extérieure : elles disposent de techniciens
locaux pour la maintenance solaire, de coopératives financièrement autonomes et de techniques innovantes (comme le
cernage) qui protègent la biodiversité tout en garantissant la prospérité économique. – – – –
Professionnalisation des filières : Transition d’une collecte sauvage à une transformation industrielle artisanale (7
unités karité, 2 anacardes, 1 miel).
Accès aux services financiers : Mise en place d’un partenariat avec Nyetaa Finances ayant permis l’octroi de 75 millions
FCFA de crédits par campagne.
Énergie Durable : Installation de systèmes de pompage solaire pour le maraichage et substitution des moteurs
thermiques par du solaire pour les barattes.
Gouvernance Locale : Renforcement du lead des mairies dans le développement local et création d’espaces de dialogue
(Forum FENA) entre autorités et populations.
Changement systémique
Le projet a induit un changement de paradigme : la forêt n’est plus perçue comme une réserve de combustible (bois/charbon)
mais comme un support de l’économie locale (Arbre-SEL). – –
Système d’accréditation : Les centres d’excellence sont devenus des C.A.S.E (Centres d’Accès aux Services Économiques)
reconnus officiellement par l’état comme centres de formation professionnelle.
Régulation foncière : Le passage de cessions verbales à des attestations sécurisées signées par les mairies pour les
périmètres maraichers stabilise l’investissement des femmes sur le long terme.
La durabilité des acquis
Le projet assure sa pérennité à travers trois piliers : – – –
Structures locales autonomes : Les coopératives disposent désormais de fonds de réserve (cotisations des membres)
pour l’entretien des infrastructures.
Transfert de compétences : Formation de meuniers et techniciens locaux en maintenance solaire, réduisant la
dépendance vis-à-vis des centres urbains.
Appropriation communautaire : Les bénéficiaires participent eux-mêmes au processus d’achat des équipements,
maîtrisant ainsi la chaîne d’approvisionnement et les relations avec les fournisseurs.
Leçons apprises – succès, échec et adaptation
Malgré un contexte de Coup d’État, de crise sécuritaire et de pandémie COVID-19, le projet a maintenu ses activités en utilisant
les masses médias (radio Sigida Nyetaa, YouTube, Facebook) pour la sensibilisation, démontrant une forte capacité de résilience
organisationnelle.
Agilité et Adaptation :
- Échec initial/Obstacle : Le vieillissement des parcs à karité et l’alternance des récoltes.
- Adaptation : Introduction réussie de la technique de cernage, permettant une production continue sur trois ans.
Expertise technique : L’accompagnement d’un artisan local pour créer une baratte motorisée innovante (primée au salon
FINAGRI) prouve la capacité du projet à stimuler l’ingéniosité locale pour répondre à des défis techniques spécifiques.


